Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chronique d’un ventre #5

À huit mois de grossesse, Baby Love est censé commencer à manquer de place. Visiblement, cela ne l’empêche pas de transformer plusieurs fois par jour mon ventre en véritable dancefloor avec une préférence marquée pour les répétitions à 4h du matin.

Entre vagues sous la peau, hoquet, formes géométriques improbables et silence total dès qu’un spectateur pose la main, cette nouvelle chronique raconte aussi quelque chose de plus tendre : cette étrange et magique façon de communiquer avec un petit être que l’on n’a pas encore rencontré… mais dont on sent déjà tellement la présence.

Insomnie. Comme Sophie, quand je n’arrive pas à dormir, j’écris.

Il paraît qu’à huit mois, Baby Love devrait commencer à manquer de place. Plus il grandit, plus son terrain de jeu rétrécit. Logiquement, ses acrobaties devraient donc se calmer. Logiquement. Baby Love n’a visiblement pas reçu le mémo.

Moi qui pensais terminer ma carrière tranquillement comme maison d’hôtes, je viens officiellement d’être reconverti en dancefloor.

Et pas le petit bar lounge où l’on balance doucement la tête sur un fond de jazz. Non.

Ici, on est plutôt sur une programmation expérimentale : coup de pied à droite, déhanché à gauche, roulade, retournement complet, bosse qui apparaît sans prévenir et chorégraphie contemporaine contre mes parois.

Le tout sans réservation et, surtout, sans horaire de fermeture. La direction décline toute responsabilité. Il faut dire que j’avais déjà une petite expérience dans le domaine.

Quand Sophie vivait à Shanghai, elle m’emmenait deux fois par semaine à ses cours de danse orientale. À l’époque, elle mobilisait consciencieusement tous mes muscles pour essayer de me transformer en vague. Aujourd’hui, je fais les vagues tout seul.

Enfin… Baby Love s’en charge.

Et comme un duo sur la chanson Shanghai avec un artiste chinois sort justement aujourd’hui, je soupçonne mon colocataire de répéter déjà la chorégraphie. Conscience professionnelle précoce. Le problème, c’est l’horaire des répétitions.

Sophie avait pourtant fini par inscrire « grasse mat’ » dans son agenda. Pour mesurer la portée de l’événement, sachez que son planning ressemble généralement davantage au déroulé minute par minute d’un sommet international qu’à celui d’un être humain normalement constitué.

Donc forcément, cette nuit-là : 4h du matin. Ouverture du club. Tout est silencieux. Simon dort paisiblement. Sophie essaie de se convaincre qu’elle va se rendormir. 

Et là : Eh oh. Je suis là.

Une jambe. Un coude. Un mouvement non identifié. Puis soudain, je deviens carré. Oui, carré.

Un soir, Sophie a même fait remarquer à Sim qu’avec un peu d’entraînement, je pourrais bientôt servir de plateau pour lui apporter une bière. Ravi de voir qu’on pense déjà à ma reconversion professionnelle.

Baby Love possède aussi un talent particulier pour choisir le moment le moins approprié pour lancer la soirée.

L’autre jour, Sophie devait écouter très attentivement une chanson particulièrement mélancolique d’un artiste avec qui elle travaille. Ambiance feutrée. Visages sérieux. On analyse le texte. L’émotion. L’interprétation. Les silences.

Personne ne le voit évidemment, mais à l’intérieur : Ibiza.

Roulade sous les côtes. Coup de pied. Vague à droite. Reprise du refrain avec option trampoline. Sophie conserve son visage professionnel pendant que moi, sous son pull, je fais littéralement la chenille. Le contraste est assez remarquable.

Et puis il y a le phénomène inverse.

— Attends, Baby Love bouge énormément, mets ta main !

Son amie Angélique pose sa main sur moi. Plus rien. Silence radio. Le club ferme instantanément. Parfois Baby Love daigne faire un petit mouvement, histoire de ne pas mettre sa Maman dans l'embarras.

Sinon, il reste le hoquet. Deux ou trois fois par jour. Et là, il ne peut plus faire semblant de dormir.

Je vous rappelle quand même qu’à la base, moi, j’héberge principalement quelques organes, des muscles et les différents festins de Sophie.

Et maintenant, j’abrite aussi un petit être humain qui a le hoquet.

Et puis il y a mon nombril. Normalement, il est plutôt joli, discret, avec son petit grain de beauté juste à côté, presque sexy, si j’ose dire. En ce moment, il a décidé de ressortir complètement. Disons que ce n’est pas exactement ma période la plus glamour. Alors entre le nombril qui pointe, les bosses qui apparaissent d’un côté, les vagues qui traversent ma surface et les formes géométriques improvisées, Sophie a parfois quelques secondes de bug en me regardant. I l y a quelqu’un là-dedans. Quelqu’un qui dort, bouge, réagit, s’étire.

Deux cœurs qui battent dans un seul corps. Et peu importe où Sophie va, elle n’est jamais vraiment seule.

Ils sont deux. Sim et elle peuvent passer vingt minutes le soir simplement à me regarder bouger. J’avoue, j’aime ce moment où, je suis incontestablement la star du spectacle. Mais à force d’assister à toutes ces performances, une question commence sérieusement à les travailler :

est-ce qu’un bébé qui transforme son ventre en boîte de nuit plusieurs fois par jour sera tout aussi remuant une fois dehors ?

Est-ce qu’il existe vraiment un lien entre la façon dont un bébé bouge pendant la grossesse et son caractère après la naissance ? Parce que si oui, on aimerait peut-être commencer à se préparer psychologiquement.

Les mamans expérimentées, on attend vos témoignages.

Certaines mamans lui ont d’ailleurs confié qu'après l’accouchement, ne plus sentir leur bébé bouger dans leur ventre leur avait énormément donné un blues total. 

Sophie était un peu dubitative. Maintenant, elle commence à comprendre.

Il y a quelque chose d’assez magique dans cette manière de communiquer sans un mot. Ce lien qui existe déjà, alors qu’ils ne se sont encore jamais vraiment rencontrés.

Même si, soyons clairs, le créneau de 4h du matin pourrait être renégocié.

Avant d’entamer cette dernière ligne droite du 3e trimestre, nous avons eu une séance très intéressante avec la nutritionniste de confiance Lucie Pillard, histoire de vérifier que je continue et moi seul, si possible, à gonfler dans des proportions raisonnables.

Plusieurs mamans déjà passées par là ont affirmé à Sophie: «moi, c’est à la fin que j’ai tout pris. » Merci. Vraiment. Information extrêmement apaisante.

Et puis il y a eu Carol, qui lui a raconté qu’après 30 kilos, elle avait tout simplement arrêté de se peser. Au sixième mois. Sophie s’est imaginée arriver au terme en montgolfière humaine.

On adore les témoignages rassurants. Les vacances sont terminées et nous sommes enfin un peu moins sur la route, au moins jusqu’à l’Avant-Première de samedi.

Donc aujourd’hui : opération ravitaillement.

Légumes. Brocolis. Légumineuses.

On va tester une théorie.

Si Baby Love reçoit davantage de brocolis et un peu moins de Nutella (le pot est vide et interdiction d'en racheter), peut-être que sa programmation musicale passera naturellement de Rooftop à Wrong train (si tu n'as pas la ref, rendez-vous sur spotify). Et que tout le monde dormira un peu. On peut rêver.

De toute façon, les conseils reçus en fin de grossesse sont limpides :

« Profite pour dormir maintenant ! »

Comme si Sophie pouvait déposer vingt heures de sommeil sur un compte épargne et venir les retirer tranquillement dans trois mois.

Mais finalement… Je crois qu’on l’aime bien, ce dancefloor.

Parce que bientôt, mon coloc va déménager.

Il continuera à manifester sa présence, probablement beaucoup plus bruyamment. Mais plus jamais exactement comme ça. Et puis finalement, on l'a tellement attendu ce Baby Love. Alors peut-être que ses danses perpétuelles sont simplement sa manière à lui de nous dire :

Je suis vraiment là.

Alors même à 4h du matin, quand le club ouvre sans autorisation, Sophie pose sa main sur moi. Et elle profite.

Les autres ventres de mamans, dites-moi : chez vous aussi, c’était disco dès que tout le monde voulait dormir ? Silence total dès qu’un spectateur posait la main ? Et surtout… est-ce que ces mouvements vous ont vraiment manqué une fois votre petit colocataire parti ?

 

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Chronique d’un ventre #4

Choisir un prénom, c’est donner à quelqu’un qui n’a absolument rien demandé un mot qu’il devra potentiellement entendre, écrire, épeler et assumer pendant environ 90 ans. Pas de pression. Entre livres de prénoms improbables, négociations familiales, significations, superstitions et grand jeu-concours « Devinez le prénom de Baby Love », le ventre observe Sophie et Simon tenter de mener à bien l’une de leurs missions les plus délicates. Une chose est sûre : le prénom numéro 1 restera encore un peu au chaud…

Bonjour, c’est le ventre.

Aujourd’hui, j’ai réalisé quelque chose d’assez vertigineux : So & Sim (pour les intimes) vont devoir donner un prénom à quelqu’un qui n’a absolument rien demandé.

Un mot que Baby Love va potentiellement devoir entendre, écrire, épeler et assumer pendant environ 90 ans.

Pas de pression.

Moi, je fabrique actuellement des organes, des os, des petits doigts… et pourtant, je trouve que c’est EUX qui ont la mission la plus dangereuse.

Parce qu’un foie, normalement, personne ne se moque de lui dans la cour d’école.

Un prénom…

Vous avez entendu parler de l’histoire de Lara Clette ?

Parce que oui.

En Belgique, une famille du nom de Clette a réellement appelé sa fille Lara.

Lara. Clette.

Raclette.

True story.

Apparemment, les parents n’auraient réalisé le jeu de mots qu’après la naissance. Voilà.

Depuis que je sais ça, je réclame officiellement que chaque prénom soit testé à voix haute avec le nom de famille, minimum quinze fois, à jeun et en présence d’un tiers. Bon, cette dernière condition, ils l’ont refusé.

Parce qu’il faut penser à tout.

Le prénom.

Le nom.

Les initiales.

Les diminutifs.

Les rimes douteuses.

Et surtout : ce qu’un enfant de neuf ans inspiré pourra réussir à en faire dans une cour de récréation.

Heureusement, même l’état civil veille au grain : en Suisse, un prénom peut être refusé s’il porte manifestement préjudice aux intérêts de l’enfant. Baby love (qui fait la taille d'un choux chinois cette semaine) a la chance de naître ici.

Donc non, chers parents, nous n’avons pas totalement les pleins pouvoirs.

Et quelque part, c’est rassurant.

Lynda Lemay nous avait prévenus avec sa chanson Alphonse, qui commence en expliquant que s’il s’appelle comme ça, ce n’est pas sa faute : ce sont ses parents qui lui ont fait le coup.

Ici, l’objectif est donc très clair : éviter que Baby Love écrive la même chanson dans vingt ans.

Surtout qu’avec deux musiciens comme parents, le risque qu’il ou elle règle ses comptes en musique est franchement plus élevé que la moyenne.

Premier single : "Pourquoi vous m’avez fait ça ?"

Produit par Papillon Prod.

Non merci.

Alors ici, on a fait les choses sérieusement.

Nat, la sœur de Sophie, leur a prêté un livre de prénoms.

Et ils ont décidé de les passer en revue.

TOUS.

Simon lisait. Sophie répondait :

« Non. » « Non. » « Non. » « J’aime bien. »

Et à chaque « j’aime bien », ouverture officielle des négociations. Origine ? Signification ? Ça sonne comment avec le nom de famille ? Est-ce que ça va à un bébé ? À un adulte ? À quelqu’un de 80 ans ? Sur une carte de visite ? Sur une affiche de concert ?

Bref, on ne cherchait plus un prénom. On recrutait quelqu’un pour les 90 prochaines années.

Et puis ils sont arrivés dans une zone du livre où, manifestement, nos ancêtres avaient beaucoup moins peur qu’eux du jugement des autres.

Godegisele. Salaberge. Marcatrude.

J’avais mal tellement So pleurait de rire.

Sim a immédiatement partagé ses découvertes avec son frère Vincent et Clem, qui attendaient eux aussi un Baby Love.

Vincent a d’abord jeté son dévolu sur « Ultrogothe ».

— Non, c’est le nôtre !!, a immédiatement protesté Sim.

Il a donc fallu trouver une solution diplomatique :

« Alors pour les différencier, je propose Ultrovisigothe et Ultrostrogothe. »

Sim a poussé la réflexion un peu plus loin : « Moi je vote pour un nom composé : Burgondofare Plectrude Loretan. »

Et là, Vincent : « Plectrude, c’est un coup de cœur ❤️ »

Depuis, le Baby Love de Vincent et Clem est né. Et rassurez-vous : ils lui ont donné un très joli prénom que tout le monde aime. Ce qui, finalement, ne nous arrange pas du tout. Parce que maintenant, non seulement il faut trouver le prénom de notre Baby Love… mais il faut aussi être à la hauteur de sa cousine. Deux fois plus de pression.

Et après, on s’étonne qu’ils préfèrent garder le nom secret.

J’ai quand même réclamé une place dans le comité.

Après tout, on dit bien : « Je le sens dans mon ventre. » « Je le sens dans mes tripes. » « J’ai une intuition. »

Alors si quelqu’un devait être compétent pour savoir si on le sent, ce prénom, franchement, c’était moi.

On a donc instauré un système démocratique avec Baby Love.

Simon prononce le prénom.

Sophie donne son avis.

Moi, je centralise les émotions.

Et Baby Love vote à coups de pied.

Le seul problème, c’est qu’on ne sait toujours pas si un grand coup dans les côtes signifie : « J’ADORE ! » ou :« Par pitié, rendez le livre à Tata Nat. »

Notre démocratie a ses limites. Et puis il y a les significations. Important pour So & Sim.

Parce qu’un prénom, est-ce que ça raconte déjà quelque chose de nous ?

Est-ce qu’on choisit uniquement un son qu’on aime ? Ou une histoire ? Une origine ?

Une signification ? Une valeur qu’on aimerait transmettre ?

Et puis viennent les superstitions.

Il y a celui qu’on adore mais que portait la pimbêche ou le looser de la cour de récré.

Celui du chien de son cousin.

Où son ex. (On ne dirait pas, mais les coquins en ont chacun quelques-uns) 

Et parfois celui pour lequel on n’a absolument aucune explication rationnelle, à part :

« Je le sens. »

Ah. Encore moi. ;)

Quand ils ont enfin trouvé LE potentiel prénom, ils ont découvert qu’ils n’avaient absolument pas terminé.

Parce qu’après le premier prénom viennent… les 2e et 3e prénoms. Vous en avez ? Vous vous prenez la tête quand même les humains. Moi c'est "le ventre" et pas de débat.

Et là, on quitte le domaine de la poésie pour entrer dans celui de la diplomatie familiale. 

Une grand-mère ? Arrière grand-mère?  Côté Sophie ? Côté Simon ? Et si on met celle-ci, pourquoi pas l’autre ?

Et si on commence à vouloir ne vexer personne…

Et puis il y a Marie. Dans une famille de tradition chrétienne, est-ce important de mettre Marie comme symbole de protection ? De tradition ? 

Côté Sophie, certains hommes le portent aussi. 

Son frère Sophie s’appelle : Ludovic Wolfgang Serge Marie.

Oui. Tout ça.

À ce stade-là, c’est un générique de film. Un titre de noblesse avec blason familial… ou le nom du réalisateur qui vient chercher sa Palme d’or en haut des marches de Cannes.

Et encore, les parents de Sophie & Ludo ont été sympas : ils n’ont pas ajouté « de Quay », le nom de famille de Carol. Sinon, avec Ludovic Wolfgang Serge Marie Loretan de Quay…, on était officiellement fichés aristos.

Sophie et Simon aiment profondément leurs familles, mais ils ne sont pas forcément convaincus par le concept du prénom à tiroirs.

Pas très envie non plus de finir avec un système digne de certaines traditions ibériques, où tu t’es endormi avant même qu’on ait fini de prononcer ton nom complet.

Ils ont pris une décision : le prénom restera secret jusqu’à la naissance.

Ce qu’ils pensaient être une décision assez simple. Erreur.

Il existe un phénomène fascinant autour des futurs parents.

« Vous avez le prénom ? »

« Oui… »

Et dans leur tête, la suite est assez évidente : s’ils avaient voulu le dire, ils l’auraient dit.

Mais à cet instant précis, une petite étincelle s’allume presque systématiquement dans l’œil de leur interlocuteur.

Ils la connaissent maintenant. C’est l’étincelle qui annonce l’ouverture officielle du :

GRAND JEU-CONCOURS : DEVINEZ LE PRÉNOM DE BABY LOVE.

Sans inscription. Sans règlement. Et surtout, sans que les parents aient demandé à jouer.

« Ça commence par quelle lettre ? » Silence et sourire gêné. « Combien de syllabes ? »

Idem.

« On connait ou c'est original ? » Traduction : vous êtes quand même deux artistes un peu perchés, donc avec vous, tout est possible.

Comme si Jean et Louise avaient autant de chances de sortir du chapeau que Moonlight, Balthazar ou Symphonie.

« Attends, je vais dire des prénoms et regarder vos têtes. »

Ils deviennent des détecteurs de mensonges humain.

Je me demande finalement si on choisit vraiment un prénom. Ou si parfois… c’est lui qui nous trouve. Enfin, ne nous emballons pas trop.

Parce que Sophie et Simon ont décidé d’une dernière règle : ils attendront de voir la tête de Baby Love avant de lui donner définitivement son prénom.

Parce qu’après des mois de listes, de débats, de signes, de coïncidences et d’interrogatoires familiaux… il manquerait plus que Baby Love arrive, qu’ils le regardent et se disent :

« Ah non. En fait, t’as pas du tout une tête de… »

En attendant, moi, je garde le numéro 1 encore un peu bien au chaud. Avec l’aide de mon colocataire, évidemment. Et à tous ceux qui vont continuer à essayer de le deviner : surveillez bien le visage de Sophie et Simon.

Parce que nous deux, ici…on ne dira rien.

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Chronique d’un ventre #3

Je croyais qu'une grossesse, c'était neuf mois en formule « à volonté ».

Quelle naïveté.

Depuis l'arrivée de Baby Love, chaque repas ressemble à un contrôle de sécurité. Le fromage est-il pasteurisé ? Les œufs sont-ils bien cuits ? La salade est-elle lavée au vinaigre blanc ? J'ai découvert que les petits bonheurs changent… et qu'une simple mozzarella peut désormais provoquer une immense émotion.

Pendant que les autres dégustent leur saumon cru avec un petit air coupable, moi, je mange par procuration… en rêvant déjà du premier tartare qui m'attend après l'accouchement.

Bonjour.

Je connais Sophie depuis 36 ans.

J'ai connu les papillons amoureux. Les déménagements qui me nouent. Les fous rires qui me secouent. Les concerts qui me retournent. Les séances de Reiki qui me détendent.

Les Dry January… les soirées « all you can eat & drink » dans les teppanyakis de Shanghai… et les repas de fortune entre deux répètes. Sans oublier cette drôle d'habitude héritée de son enfance en Asie… Ajouter du piment partout. J'ai longtemps cru que c'était normal.

Bref… Sophie est une épicurienne. Une vraie.

Chez nous, un repas, c'est sacré. Le téléphone est interdit à table.

Et si le repas est vraiment mauvais… et que vous avez rendez-vous avec elle le même jour…

Faites-vous porter pâle. Conseil d'ami.

Je croyais avoir tout vu. Puis Baby Love a emménagé.

Ravi, je me voyais déjà passer en formule « à volonté ». Quelle naïveté.

Être la maison d'hôte de Baby Love, c'est accepter un règlement intérieur particulièrement strict. Je découvre qu'on entre plus facilement dans un avion que dans une grossesse.

Il y a quelques mois, Mamita, la grand-maman valaisanne de Sophie, nous invite au restaurant pour fêter mon nouveau colocataire.

— On partage une assiette de viande séchée ?

Le premier refus tombe. Puis arrivent les asperges de saison.

— Excusez-moi… votre mayonnaise est maison ?

Je regarde Mamita. Elle regarde Sophie avec des points d'interrogation dans les yeux.

Puis le serveur. Puis la mayo.

Une mayonnaise peut-elle vraiment être dangereuse ?

— À mon époque, on nous disait surtout de ne pas fumer et de ne pas boire d'alcool… enfin pas plus d'un verre de temps en temps… et c'était tout.

Il faut dire que son gynécologue était valaisan. Et que c'était il y a soixante ans.

À côté de ça, Janelyse, la belle-maman de Sophie, ancienne infirmière…

C'est zéro alcool. Zéro exception. Zéro négociation. Comme quoi…

Même les experts ne sont pas toujours d'accord.

Depuis, chaque repas ressemble à un contrôle de sécurité.

Le fromage est-il pasteurisé ?

Les œufs sont-ils bien cuits ?

La viande est-elle à point ?

La salade est-elle lavée au vinaigre blanc ?

Je croyais être un ventre.

En réalité… Je suis devenu le ministère de la Sécurité alimentaire.

Mais cette grossesse m'a appris une chose. Elle rend un peu philosophe.

Les petits bonheurs changent.

Avant, un bonheur, c'était une soirée au restaurant en amoureux ou entre amis.

Aujourd'hui, c'est entendre un serveur dire :

— « Oui Madame, la mozzarella est pasteurisée. »

Vous n'imaginez pas l'émotion. J'ai envie de le serrer dans les bras. Si seulement j'en avais.

Je n'aurais jamais cru qu'un fromage puisse me rendre aussi heureux.

L'été reste néanmoins une période pleine de défis.

Les poke bowls. Les ceviches. Le rosé. La coupette. Les carpaccios.

Ils me passent tous sous le nez avec une telle insolence…

En ce moment, je suis en vacances avec toute la tribu de Quay.

Immense buffet à volonté. Pour un ventre normal, c'est Disneyland.

Pour moi… C'est un escape game.

Le plus drôle, ce sont les autres. Ils regardent leur assiette.

Puis Sophie. Puis leur assiette. Puis moi.

Et il y en a toujours un pour demander :

— « Alors… tu manges pour deux ou pour trois ? »

Pendant que les autres, la bouche pleine de saumon cru ou de carpaccio, soufflent un petit :

— « Oh… je suis désolé… »

Comme s'ils venaient de commettre un crime.

Un crime qu'ils n'ont absolument pas l'intention d'arrêter.

Grand sourire.

— « Mais non… profitez ! »

Moi aussi, je souris. Je mens. Je mange par procuration.

À chaque bouchée qu'ils prennent, je ferme les yeux.

J'essaie de me rappeler le goût…

Tout en préparant mentalement la liste des festins qui m'attendent dans deux mois.

Sophie, elle, prépare de délicieux mocktails inspirés du livre L'Apéro de la femme enceinte des Éditions Jouvence. Elle trouve des subterfuges quand c'est nécessaire. Comme lorsque nous étions invités chez Guillaume au premier trimestre, alors que presque personne ne savait encore que j'existais.

Elle débarque avec une bouteille de champagne sans alcool.

— Demain, j'ai un concert. Je dois préserver ma voix.

Quelques sourires polis. Personne ne l'a crue. Moi, j'ai trouvé l'excuse brillante.

Il y a quelques jours, Lucie Pilliard, une nutritionniste de confiance, nous a appris à choisir les meilleurs matériaux pour construire la maison de Baby Love.

Depuis, l'assiette de Sophie ressemble de plus en plus à un arc-en-ciel, rempli de tout ce qui peut faire grandir Baby Love, garder sa maman en pleine forme… et, au passage, me faire découvrir plein de nouvelles saveurs.

On entend souvent parler des envies de grossesse les plus improbables. Des cornichons à trois heures du matin. De la glace au ketchup. Du riz au lait.

(Carol avait fait tous les villages de la montagne pour en trouver.)

J'attendais ce moment avec curiosité. Eh bien… Rien de tout ça.

Sophie est finalement assez raisonnable. Enfin… Presque.

Un paquet de Frosties est apparu dans l'armoire. Les céréales de son enfance.

Celles qu'elle n'achète jamais. Puis un pot de Nutella.

— « C'est pour Aurélien, mon filleul. Il vient passer deux jours à la maison. »

Aurélien est venu. Aurélien est reparti.

Le Nutella, lui, est resté. Intact.

Du moins… C'est ce que tout le monde croit.

Parce que c'est moi qui digère.

Et je peux vous confirmer que depuis un mois, une petite cuillère disparaît de temps en temps.

Discrètement. 

Dans un peu moins de deux mois, je quitterai mon poste de maison d'hôte.

Depuis quelque temps, j'entends circuler de drôles de rumeurs.

On parle d'allaitement. De coliques. D'aliments à éviter. D'aliments qui changeraient le goût du lait. De fenouil. 

J'ai comme l'impression que je ne serai pas totalement sorti de l'auberge et que Madame la Poitrine va se retrouver sous les projecteurs du jour au lendemain.

En attendant la passation de pouvoir…Je continue de manger par procuration. Et de me réjouir. Parce que Simon a déjà reçu une consigne très précise.

Le jour de l'accouchement il doit passer commande : 300 gr de tartare de bœuf de la boucherie Del Genio. Sophie a été très claire. Elle ne partagera avec personne. 

Après neuf mois de frustration… les négociations sont closes.

Et vous… quel aliment vous a le plus manqué pendant votre grossesse ? Ou quelle a été votre envie la plus improbable ? Mon ventre attend vos réponses avec impatience… il paraît qu'il est désormais en correspondance avec beaucoup d'autres ventres.

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Chronique d’un ventre #2

Il suffit que j'apparaisse quelques secondes pour transformer certains humains en experts internationaux de la grossesse. Garçon, fille, jumeaux, date d'accouchement… tout le monde a un avis. Dans cette deuxième Chronique d'un ventre, je vous raconte ces rencontres aussi drôles qu'attendrissantes avec les grands devins de la grossesse.

Bonjour.

Cette semaine, j'ai découvert l'un de mes nouveaux super-pouvoirs.

Il suffit que j'apparaisse quelques secondes pour transformer une partie des humains en experts internationaux de la grossesse.

Certains lisent l'avenir dans le marc de café. D'autres dans les cartes Les plus audacieux le lisent directement sur les ventres. Et je dois reconnaître qu'ils ont une imagination débordante.

Tout a commencé bien avant que je devienne rond. À cette époque, je n'étais encore qu'un tout petit secret. Une ligne rouge sur un test de grossesse, beaucoup d'espoir… et ce principe qu'appliquent de nombreux futurs parents : attendre les examens des trois mois avant de partager la nouvelle.

Six semaines plus tard, j'étais toujours incognito et elle présentait Éclipse au Montreux Jazz Club Millennium à Crissier.

Au début, bien décidé à bouleverser un peu le programme de Sophie, j'avoue que je lui ai un peu fait la misère. Quelques nausées matinales par-ci, quelques envies intempestives de sieste par-là… J'avais besoin qu'elle ralentisse un peu. Oups… mea culpa.

Ce soir-là, une femme s'est approchée de Carol, sa maman, et lui a soufflé :

— Ta fille est enceinte.

Carol était au courant depuis cinq jours à peine et savait combien ce secret était précieux.

Usant de son talent de comédienne, elle lui a répondu, le plus naturellement du monde :

— Pas du tout.

La dame n'a pas hésité une seconde.

— Si, si… mais c'est possible qu'elle ne le sache pas encore.

Je dois reconnaître que celle-là était plutôt bien envoyée.

À ce moment-là, Baby Love était à peine plus grand qu'une myrtille… et pourtant certains me devinaient déjà. Moi qui faisais pourtant tout mon possible pour rester discret.

Depuis, j'ai compris que ce n'était que le début. Dès qu'un ventre apparaît, les prophéties commencent.

"C'est un garçon, j'en suis certaine."

"Non, regarde comme il est rond, c'est une fille."

"Il doit y en avoir deux..."

"Début septembre ? Une Vierge, c'est sûr."

"Ils ne vont jamais te laisser monter dans l'avion sans certificat médical. On dirait que tu vas accoucher demain."

Moi, apparemment, je suis porté assez bas. Ça, c'est typique des garçons.

Puis quelqu'un d'autre me trouve bien rond, bien enveloppant.

Ça, paraît-il, c'est typique des filles.

Après le duo de Sophie avec Hélène Ségara, Hélène m'a pris dans ses bras avec beaucoup de tendresse. Si j'avais eu des joues, elles seraient devenues écarlates.

Elle a annoncé avec une assurance désarmante :

— C'est une fille !

Avant même que Sophie ait le temps de répondre, deux énormes parts de gâteau avaient déjà atterri dans son assiette.

Hélène avait tranché : on mangeait pour deux.

À ce stade, selon les spécialistes que nous avons rencontrés, je suis donc…

un garçon, une fille, et peut-être même des jumeaux.

Trois médiums ont également tenté leur chance. Le plus drôle ? Ils n'étaient pas d'accord entre eux.

Mais les humains ne s'arrêtent jamais au sexe du bébé. Ils prédisent aussi son caractère.

"Avec des parents musiciens, il fera forcément de la musique."

"Il bouge beaucoup ? Ce sera un hyperactif… regarde ses parents !"

"Ouh là… ça va être une sacrée coquine !"

Puis viennent les prédictions pour Sophie.

"Tu vas prendre beaucoup de poids."

"Tes jambes vont devenir très lourdes."

"Avec cette chaleur, tu vas souffrir."

"À ce stade, moi j'étais déjà alitée."

"Votre concert du 12 septembre ? Vous ne pourrez jamais le faire."

Tu vas…

Tu dois…

Tu ne pourras pas…

Pauvre Sophie. À force d'entendre toutes ces certitudes, même moi, j'ai parfois quelques remontées acides. Alors je respire. Je me gonfle doucement. Je redescends tout aussi doucement. Histoire que les inquiétudes ne prennent jamais plus de place que moi.

Heureusement, Sophie a une qualité que j'admire : elle écoute tout le monde. Puis elle écoute surtout son corps.

On avance un jour après l'autre. On fait confiance à Alexia, notre gynécologue bienveillante.

Et on continue de vivre. Enfin… Je dois quand même vous faire une confidence.

Au début, je me moquais un peu des grands prophètes du troisième trimestre.

Je les trouvais légèrement dramatiques. Aujourd'hui… Je reconnais que je m'étale un peu plus que prévu. Me retourner dans le lit est devenu une chorégraphie. Le coussin de grossesse est devenu mon new best friend.

Mettre des chaussures ressemble parfois à une épreuve olympique. Et retrouver mon souffle après un chemin qui monte mérite presque une médaille.

Bon… ils n'avaient peut-être pas totalement tort. Ils avaient simplement oublié qu'on peut avancer un peu moins vite… tout en continuant à vivre pleinement.

La preuve ? Ce matin, nous avons pris l'avion. À écouter les grands devins, vu ma taille, le certificat médical était presque plus indispensable que la carte d'identité. Sophie en a donc demandé un à Alexia, histoire d'éviter de regarder l'avion décoller depuis le tarmac.

Résultat ? Il est resté bien plié dans son sac. Moi, j'ai embarqué sans le moindre problème. Même la ceinture de sécurité a fini par trouver sa place.

En revanche, les bas de contention en pleine canicule… disons que mes copines les jambes ont connu des vacances plus glamour.

Simon, lui, s'occupait des valises pendant que Sophie avançait tranquillement, en mode priorité.

Finalement, je crois que je préfère une autre façon de voir l'avenir.

Ne pas le prédire. Le vivre.

Parce qu'au fond, aujourd'hui est déjà une sacrée aventure.

À très vite,

Le ventre

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Chronique d’un ventre #1

Depuis que Baby Love grandit en moi, j’ai la drôle d’impression de ne plus être le personnage principal quand j’entre dans une pièce.��Mon ventre m’a volé la vedette… et je crois qu’il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j’ai décidé de lui laisser une rubrique dans ma newsletter.
Bienvenue dans les Chroniques d’un ventre.

Depuis que Baby Love grandit en moi, j'ai la drôle d'impression de ne plus être le personnage principal quand j'entre dans une pièce.

Mon ventre m'a volé la vedette… et je crois qu'il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j'ai décidé de lui laisser une rubrique.


Bienvenue dans les Chroniques d'un ventre.

CHRONIQUES D'UN VENTRE #1 — Drôle de célébrité

Bonjour.

Je m'appelle… enfin, on ne m'appelle pas vraiment. On me regarde. On me touche. On me complimente. On me devine. On me parle même parfois.

Je suis même devenu le premier à être salué quand nous entrons dans une pièce.

Bon… j'avoue, il m'arrive encore d'être un peu jaloux. Madame la poitrine a décidé de profiter de la situation, elle aussi et réussi parfois à me voler la vedette. Mais soyons honnêtes, la plupart du temps, c'est moi qui remporte le concours de popularité.

Avant, personne ne faisait attention à moi. Sophie avait même tendance à me rentrer discrètement sur les photos. Et puis, sans prévenir, me voilà au centre de toutes les conversations.

Il faut dire que je fais plutôt bien mon travail : je construis la première maison de Baby Love.

Depuis 29 semaines, j'observe les humains. Ils sont fascinants. Certains essaient de deviner depuis combien de temps j'héberge Baby Love. D'autres sont persuadés de connaître son sexe simplement en observant ma forme. Certains me parlent avec une toute petite voix. D'autres me caressent comme si je portais chance. Je crois qu'ils oublient parfois que Sophie est toujours de l'autre côté.

J'ai même remarqué un phénomène étonnant. Il suffit que j'apparaisse pour que des inconnues racontent à Sophie leur grossesse avec une tendresse infinie, comme si j'avais le pouvoir d'ouvrir une boîte à souvenirs.
Et puis il y a celles qui me regardent avec un petit sourire compatissant et annoncent très sérieusement que je risque d'être recouvert de vergetures. Que mes copines les jambes vont devenir de plus en plus lourdes. Heureusement, Sophie me chouchoute : j'ai droit à mon bain d'huile deux fois par jour. Alors, pour l'instant, je tiens le coup !

Je pensais être un simple ventre. Je découvre que je suis aussi un passeur d'histoires.

Et il faut que je vous fasse une confidence. On dit souvent que les émotions se logent dans le ventre. Alors imaginez un peu ce que c'est que d'être celui d'une hypersensible… en pleine grossesse. Je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos.

Et puis il y a eu Bellarena. Des concerts, j'en ai déjà fait plus de 350 avec Sophie. Mais jamais avec Baby Love comme locataire. Jamais devant près de 9 000 personnes.

Pour l'occasion, le designer Hendrik Vermeulen a imaginé une robe sur mesure pour nous mettre en valeur tous les deux. Il a même dû attendre quatre jours avant le concert pour prendre les mesures. Avant, c'était impossible : je continuais de grandir presque chaque jour.

Je crois que le résultat valait l'attente. Quelques instants avant de monter sur scène, Sophie et Simon ont posé une main sur moi et m'ont murmuré quelques mots. Je ne vous dirai pas lesquels. Il y a des secrets qui restent entre nous.

En revanche, je peux vous dire une chose. Je n'avais jamais senti son cœur battre aussi fort. Comme un feu d'artifice.  

Et Baby Love, lui, a trouvé que c'était le moment idéal pour me transformer en véritable dancefloor. Je crois qu'il avait compris, lui aussi, que nous étions en train de vivre une soirée pas tout à fait comme les autres.

Finalement, pour un simple ventre, je trouve que je mène une vie plutôt extraordinaire.

À très vite,

Le ventre.

Avant de te laisser, j'ai encore une jolie surprise à partager avec toi : d'ici dimanche, j'ouvrirai la billetterie de notre prochaine Avant-Première, qui aura lieu cette fois-ci en Valais.

J'ai hâte de vivre ce moment avec toi. Prends soin de toi.

LOVE,
💌 Sophie

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✨ Bienvenue dans mes BACKSTAGES 💌

Cap intérieur : on apaise le tourbillon
Pont en construction : apprendre à faire cohabiter l'artiste et la future maman
Étincelle du moment : donner une voix à mon ventre
Horizon chinois : 5 nouveaux mots par jour. À suivre sur mes réseaux. 🇨🇳

Cap intérieur : on apaise le tourbillon
Pont en construction : apprendre à faire cohabiter l'artiste et la future maman
Étincelle du moment : donner une voix à mon ventre
Horizon chinois : 5 nouveaux mots par jour. À suivre sur mes réseaux. 🇨🇳

MES BACKSTAGES 
bienvenue dans les coulisses de ma vie d'artiste

Cher·e toi,

Je t'écris de retour dans notre cocon en Suisse… même si une partie de nous est toujours sur notre nuage.

Depuis notre concert à Bellarena, il s'est passé quelque chose de fou. Plus de 2 500 personnes ont rejoint notre aventure sur les réseaux sociaux. Chaque jour, je reçois des messages qui me touchent profondément. Certains me font sourire, d'autres me donnent les larmes aux yeux. J'ai d'ailleurs commencé à vous en partager un chaque jour en story.

Alors, avant toute chose : merci.

Merci d'avoir chanté avec nous. Merci pour votre bienveillance. Merci d'être de plus en plus nombreux à construire le rêve avec nous. 

Depuis cette soirée, Simon et moi parlons beaucoup de la suite. On imagine, on se projette sur les scènes de nos concerts 2027.

J'ai une question pour toi. 

Si tu pouvais choisir une ville, où aimerais-tu venir nous voir en concert en 2027 ?

Réponds-moi simplement à cet e-mail. Je lis absolument toutes vos réponses, et elles comptent beaucoup dans les décisions que nous prenons.

Depuis Bellarena, nous avons pris la route de Paris pour plusieurs interviews et deux séances photo afin d'immortaliser cette période si particulière de notre vie. 

Nous avons aussi eu le plaisir de donner un concert privé pour Mitsubishi, dont nous sommes fiers d'être les ambassadeurs. Un immense merci à toute l'équipe d'Emil Frey Saint-Légier qui nous accompagne avec tant de confiance. ❤️ Et puis, avouons-le… rouler en Eclipse Cross quand on présente l'album ÉCLIPSE, ça ressemble quand même à un joli clin d'œil du destin. 

Hasard ou synchronicité ? 😉
 

Et puis retour en Suisse pour un rendez-vous que j'aime beaucoup : l'extraction du miel de nos ruches.

Chaque été, les abeilles me rappellent que notre métier d'artiste leur ressemble finalement beaucoup. Derrière un pot de miel comme derrière une chanson de trois minutes, il y a des milliers de petits gestes invisibles, de la patience, de la persévérance et un immense travail collectif. 

Il reste quelques pots de notre miel ÉCLIPSE en édition limitée. 

Une aventure qui a même voyagé jusqu'en Chine, puisqu'un magazine de l'UNESCO m'a récemment consacré un article autour de notre miel, de nos abeilles et de ce rituel familial.

Depuis que Baby Love grandit en moi, j'ai la drôle d'impression de ne plus être le personnage principal quand j'entre dans une pièce.

Mon ventre m'a volé la vedette… et je crois qu'il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j'ai décidé de lui laisser une rubrique.


Bienvenue dans les Chroniques d'un ventre.

CHRONIQUES D'UN VENTRE #1 — Drôle de célébrité

Bonjour.

Je m'appelle… enfin, on ne m'appelle pas vraiment. On me regarde. On me touche. On me complimente. On me devine. On me parle même parfois.

Je suis même devenu le premier à être salué quand nous entrons dans une pièce.

Bon… j'avoue, il m'arrive encore d'être un peu jaloux. Madame la poitrine a décidé de profiter de la situation, elle aussi et réussi parfois à me voler la vedette. Mais soyons honnêtes, la plupart du temps, c'est moi qui remporte le concours de popularité.

Avant, personne ne faisait attention à moi. Sophie avait même tendance à me rentrer discrètement sur les photos. Et puis, sans prévenir, me voilà au centre de toutes les conversations.

Il faut dire que je fais plutôt bien mon travail : je construis la première maison de Baby Love.

Depuis 29 semaines, j'observe les humains. Ils sont fascinants. Certains essaient de deviner depuis combien de temps j'héberge Baby Love. D'autres sont persuadés de connaître son sexe simplement en observant ma forme. Certains me parlent avec une toute petite voix. D'autres me caressent comme si je portais chance. Je crois qu'ils oublient parfois que Sophie est toujours de l'autre côté.

J'ai même remarqué un phénomène étonnant. Il suffit que j'apparaisse pour que des inconnues racontent à Sophie leur grossesse avec une tendresse infinie, comme si j'avais le pouvoir d'ouvrir une boîte à souvenirs.
Et puis il y a celles qui me regardent avec un petit sourire compatissant et annoncent très sérieusement que je risque d'être recouvert de vergetures. Que mes copines les jambes vont devenir de plus en plus lourdes. Heureusement, Sophie me chouchoute : j'ai droit à mon bain d'huile deux fois par jour. Alors, pour l'instant, je tiens le coup !

Je pensais être un simple ventre. Je découvre que je suis aussi un passeur d'histoires.

Et il faut que je vous fasse une confidence. On dit souvent que les émotions se logent dans le ventre. Alors imaginez un peu ce que c'est que d'être celui d'une hypersensible… en pleine grossesse. Je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos.

Et puis il y a eu Bellarena. Des concerts, j'en ai déjà fait plus de 350 avec Sophie. Mais jamais avec Baby Love comme locataire. Jamais devant près de 9 000 personnes.

Pour l'occasion, le designer Hendrik Vermeulen a imaginé une robe sur mesure pour nous mettre en valeur tous les deux. Il a même dû attendre quatre jours avant le concert pour prendre les mesures. Avant, c'était impossible : je continuais de grandir presque chaque jour.

Je crois que le résultat valait l'attente. Quelques instants avant de monter sur scène, Sophie et Simon ont posé une main sur moi et m'ont murmuré quelques mots. Je ne vous dirai pas lesquels. Il y a des secrets qui restent entre nous.

En revanche, je peux vous dire une chose. Je n'avais jamais senti son cœur battre aussi fort. Comme un feu d'artifice.  

Et Baby Love, lui, a trouvé que c'était le moment idéal pour me transformer en véritable dancefloor. Je crois qu'il avait compris, lui aussi, que nous étions en train de vivre une soirée pas tout à fait comme les autres.

Finalement, pour un simple ventre, je trouve que je mène une vie plutôt extraordinaire.

À très vite,

Le ventre.

Avant de te laisser, j'ai encore une jolie surprise à partager avec toi : d'ici dimanche, j'ouvrirai la billetterie de notre prochaine Avant-Première, qui aura lieu cette fois-ci en Valais.

J'ai hâte de vivre ce moment avec toi. Prends soin de toi.

LOVE,
💌 Sophie

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✨ Bienvenue dans mes BACKSTAGES 💌

Cap intérieur : je tremble de trouille... & d'excitation 
Pont en construction : Cette semaine, j'ai envoyé quelques messages qui me tenaient particulièrement à cœur.
Étincelle du moment : Une version pop rock de "Un autre quelqu'un" sort à minuit. 🎸
Horizon chinois : Une nouvelle reprise en mandarin vient d'arriver sur mes réseaux. 

Cap intérieur : je tremble de trouille... & d'excitation 
Pont en construction : Cette semaine, j'ai envoyé quelques messages qui me tenaient particulièrement à cœur.
Étincelle du moment : Une version pop rock de "Un autre quelqu'un" sort à minuit. 🎸
Horizon chinois : Une nouvelle reprise en mandarin vient d'arriver sur mes réseaux. 

MES BACKSTAGES 
bienvenue dans les coulisses de ma vie d'artiste

Cher·e toi,

Comment on gère son trac avant de monter sur scène devant 9'000 personnes ? 
Je t'écris depuis mon lit où je me tourne et me retourne. Le marchand de sable doit être au match.
Insomnie. Chaleur écrasante que j'essaie de combattre avec un ventilateur qui fait autant de bruit que mon invité surprise et invisible : un moustique qui me nargue depuis une bonne demi-heure et qui fait du trampoline sur la seule source de lumière de cette chambre avant de redisparaitre: cet ordi que j'ai rallumé pour essayer de poser mes pensées. Anxiogènes. Rassurantes. J'ai pas encore totalement choisi mon camp. 
Et pour que la fête soit plus belle, Baby Love, a qui j'ai dit que nous allions vivre un grand moment ensemble de trac & de joie, semble s'entrainer avec faire des roulades pour concurrencer nos danseurs. 
Il n'a peut-être pas conscience que samedi, personne ne le verra, bref TOUT VA BIEN ! 

On l'a rêvée, cette grande scène.

Depuis toujours, Simon et moi, on se disait :

« Tu imagines... un jour, peut-être qu'on jouera nos chansons devant des milliers de personnes ? »

Samedi, nous monterons sur scène devant près de 9'000 personnes.

C'est à peu près la capacité de l'Arena de Genève. Plus qu'un Zénith de Paris. Presque cinq Olympia réunis. J'ai encore du mal à y croire.

Ce n'est pas seulement un concert. C'est toutes ces années passées à écrire des chansons, des centaines de concerts dans 20 pays, des kilomètres parcourus, des doutes, des refus, des graines semées, des succès... et cette conviction qu'en travaillant avec passion, les rêves trouvent leur chemin.

Alors samedi, on va monter sur scène avec tout ce qu'on est : notre courage, notre joie, quelques papillons dans le ventre, les tentacules d'Octopus Man... et surtout les chansons de l'album

Derrière le nom Sophie de Quay sur cette affiche, il y a 21 personnes qui préparent notre show dans l'ombre et certains bientôt dans la lumière !
Dont Hendrik Vermeulen, mon designer qui s'est donné un défi : me créer une nouvelle tenue de scène en 4 jours, raison du last minute: le paramètre non négligeable d'un corps qui se transforme au fil des jours.
Hâte de la découvrir quelques heures avant le public!
 
Si tu ne peux pas être présent samedi, envoie nous une petite pensée 🤍

En revanche, si tu seras dans la salle, j'ai une demande un peu particulière.

Je t'explique: quand je débarque sur scène, à chaque concert, je cherche instinctivement les têtes connues. Elles m'apaisent instantanément. La BCF Arena est immense et tu seras tout.e petit.e devant moi mais il y a une astuce.

Si tu portes l'un de nos t-shirts, débardeurs, casquettes ou sweats de nos collections Éclipse, Soleil Intérieur ou Y, je suis presque certaine de te repérer ! 😊 Et si tu n'en as pas encore, tu peux en commander un et venir le récupérer directement au stand merchandising chez Christel avant notre concert.

Il y a des designs pour tous les goûts… et même pour les kids. 

LES NOMADERIES

Les concerts se succèdent et ne se ressemblent pas ! 
La semaine dernière, on a joué nos chansons dans un décor complètement fou : au coucher du soleil au milieu des vignes dans le Lavaux face à une estrade naturelle. Merci Lavaux Vibrations pour cette parenthèse magique (j'ai partagé plein de photos sur mes réseaux.)

Et samedi dernier, avec le public, nous avons bravé la canicule en pleine après-midi à La Fête de la Musique de Lausanne.
Pour être honnête, je n'étais pas sure d'y arriver. J'ai reçu énormément de messages, tous très bienveillants, mais qui me rappelaient aussi de faire très attention avec cette chaleur.

Alors je me suis préparée comme si j'allais partir au combat... contre le soleil. (Assez ironique quand on pense que je vous fais chanter à chaque concert : « C'est ce soleil que je veux. » 😄)

Heureusement, mon équipe est incroyable : on m'a prêté un ventilateur de cou, installé un ventilateur sur scène, offert deux brumisateurs et prévu deux litres d'eau juste à côté de mon micro.

Et grâce à toutes ces attentions et à l'énergie du public... on a vécu un super concert !! 

(Entre deux phrases, je me suis endormie et je termine ma lettre face à la montagne avant d'attaquer l'ultime répète !)

Un ami a défié Octopus Man de sortir une nouvelle version de 

MÊME CHANSON // ENERGIE ROCK 


Alors il s'est enfermé dans son laboratoire & la chanson sort à MINUIT !

Prends soin de toi et pense un peu à nous ! 

LOVE,
💌 Sophie

p.s. si tu es là sa
medi, rendez-vous après notre concert au stand merchandising (il parait qu'il y a des tentes dehors). 

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✨ Ce fil invisible qui nous relie

Une période de transformation, de mémoire et d’espoir… et cette question essentielle : qu’est-ce qui nous relie encore ?

Cap intérieur : le calme après la tempête
Pont en construction : entre mes pensées et ma plume
Étincelle du moment : tenter de nouvelles recettes de Ottolenghi sur mon cobbaye Simon
Horizon chinois : ils fêtent leurs ancêtres ce week-end, je vous en parle

Prochain rendez-vous   

22.04 : aux COEURS DE CRANS, salle Métropole à Lausanne

Cher·e toi,

Je prends enfin le temps de t’écrire depuis mon cocon valaisan, à 1111 mètres d’altitude, avec cette sensation précieuse d’être seule au monde.

C’est l’équilibre fragile que j’ai trouvé. La vie à 100 à l’heure, sur la route, entourée de mille visages et drivé par l’adrénaline… Et ce lieu magique, isolé, la terre de mes ancêtres, où je m’ancre, je crée et je respire avant de repartir de plus belle.

Le temps passe à une vitesse folle. Je réalise que ma dernière lettre date d’il y a un mois… et quel mois. Intense, presque vertigineux. Comme me disait mon papa lorsque nous montions la Gemmi : « le pas du montagnard »  un pas après l’autre. La seule manière d’arriver au bout… et en bon état.

Cette solitude relative (oui, car contre toute attente, nous avons régulièrement de la visite, des âmes courageuses qui bravent les routes étroites et sinueuses pour venir jusqu’à nous) me permet de prendre du recul et de déposer dans mon carnet tout ce qui bouillonne en moi.

Ces derniers mois, en regardant les médias, j’ai eu cette sensation étrange que notre monde était en train d’imploser, de vaciller, de s’écrouler. Entre les conflits qui s’enchaînent, les violences qui se multiplient… et ces drames plus silencieux, plus proches aussi, les féminicides, les injustices, les vies brisées, on sent quelque chose se fissurer. Comme si, par endroits, l’humain perdait le fil. Comme si certaines valeurs profondes s’effaçaient peu à peu. A cette pensée, je sens mon plexus solaire brûler et ce matin, j’ai pris le temps de me poser cette question : 

                                qu’est-ce qui nous relie encore ?

Je me suis connectée à une énergie plus silencieuse. Plus profonde.
Parce qu’en parallèle de ce bruit constant , quelque chose d'invisible se joue. Nous vivons une période spirituelle presque universelle.

Dans ma culture chrétienne, nous sommes à la veille du week-end de Pâques, symbole de renaissance et d’espoir, alors que la communauté juive célèbre Pessa'h, fête de libération et de passage vers une vie nouvelle, et que le Ramadan vient de s’achever, marquant la fin d’un mois de jeûne, de spiritualité et de recentrage. En Chine aussi, ce week-end, on célèbre la fête des ancêtres, Qingming. Je l’ai vécue enfant, chaque année, lorsque je vivais à Singapour, près d’un cimetière. Elle me fascinait profondément, elle a sans doute nourri, très tôt, ma quête autour du lien entre les vivants et les morts.

C’est une période où les familles se recueillent, honorent ceux qui ne sont plus là… et continuent, à leur manière, à faire vivre ce lien invisible entre les générations. On y pratique un véritable culte des ancêtres : on nettoie les tombes, on dépose de la nourriture, des fleurs… et on brûle de l’argent symbolique, des objets, parfois même des maisons ou des voitures en papier, comme des offrandes destinées à accompagner les défunts dans l’au-delà. Par foi, par tradition… ou simplement “au cas où”. 

À différents endroits du monde, dans différentes cultures, quelque chose de commun se joue : une pause. Un retour à l’essentiel. Une transformation intérieure.

Ces rituels me rappellent qu’il existe aussi un mouvement de l'espoir. Celui qui relie. Celui qui apaise. Celui qui transmet.

Comme si, malgré le chaos, l’humanité continuait, discrètement, à prendre soin de l’essentiel.
Quand je pense à mes grands parents, cette résonance est encore plus forte. Peut-être que, d’une certaine manière, tout ce que nous construisons aujourd’hui est aussi une façon d’honorer ceux qui nous ont précédés…
Et de laisser une trace, d'ouvrir un chemin pour ceux qui viendront après ?

Peu importe d’où tu viens, ce en quoi tu crois, ou les rituels qui t’accompagnent… je te souhaite de trouver, dans cette période si particulière, un espace de calme, de sens et de connexion à l’essentiel 🤍

De prendre un instant pour te relier à toi, aux autres, et à ce qui compte vraiment. ✨


Prends soin de toi. LOVE.


                                                        💌 Sophie 

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✨ Ajouter de la vie dans les jours

Entre Paris et la Suisse, ce début d’année m’a rappelé l’essentiel : quand tout vacille, diffuser de l’amour et de la lumière devient un acte vital.
La musique, les rencontres et la création continuent de construire des ponts, en Suisse comme à l’international.
Une nouvelle énergie souffle avec la sortie de Notre Nom en version pop rock et l’ouverture vers la Chine.
Et pour celles et ceux qui en ressentent le besoin, un espace de pause et de clarté s’ouvre avec le workshop Revenir à soi.

Cap intérieur: un début d'année qui rappelle l'importance de diffuser de l'amour & de la lumière

Pont en construction : On emmène Léonard Lasry en Suisse, pour son 1er concert en Suisse le 17.01! 

Étincelle du moment : recueillir les témoignages d'artistes sur la question "y'a-t-il une retraite pour les artistes" (j'ai déjà publié ceux de Pascal Auberson, Frédéric Gérard, Mélanie Freymond, Zazou Haifa sur les réseaux!) 

Horizon chinois : on a signé avec Starsing, le plus gros distributeur chinois!

Prochains rendez-vous : le 17 janvier aux Caves de Versoix & 8 février pour mon workshop "Revenir à soi"

1er concert de l'année en tout intimité avec :
✨Carol de Quay en duo sur "y'a pas de retraite pour les artistes",
✨Stéphanie Sénéchal en duo sur "On danse sous la pluie" &
✨Léonard Lasry en duo sur un titre inédit 

Cher·e toi,

Je t’écris depuis Paris, où j’ai réussi à rejoindre mon appartement malgré les tracteurs qui, apparemment, ont décidé de s’inviter en ville.

Le début de l’année s’est fait dans le silence.
Le 1er au matin, en me réveillant à Crans-Montana, j’étais remplie de belles énergies, de promesses, encore portée par une soirée entourée d’amis et de musique. Puis j’ai allumé mon téléphone. Les dizaines de messages qui défilaient sur l’écran ne me souhaitaient pas une joyeuse année : ils s’inquiétaient de savoir si j’étais en sécurité.

Des messages d’amis d’une autre vie.
Des ex qui ressurgissent du passé.
Inquiets.

J’ai compris que nous faisions face à une tragédie. Irréelle. Le vide s’est installé dans mon corps, suivi d’une angoisse pour mon cousin & mes amis sortis la veille, alors que nous avions choisi de rester bien au chaud à la maison.

Crans-Montana est mon safe place depuis l’enfance. Quand nous revenions en Suisse pour les vacances, c’est là que j’ancrais mes racines. Le lieu refuge. Celui qui restait stable quand nous déménagions de pays en pays, quand je disais au revoir à des amis pour en rencontrer de nouveaux. Ceux de Crans-Montana, eux, étaient toujours là, d’une année à l’autre.

Vont-ils bien ?

L’adorable serveuse qui s’est occupée de nous après notre concert du 25 décembre n’est plus de ce monde. Comment est-ce possible ?

J’ai ressenti ce besoin d’aller sur les lieux. De prier. De serrer fort dans mes bras les gens de la station, désemparés, sans mots. Même les larmes ne viennent pas tant nous sommes anesthésiés.
Et puis, cette solidarité bouleversante, qui redonne foi en l’humain.

Quand les mots me manquent, j’écris. Et en écrivant, j’ai compris que la seule chose que je pouvais faire, dans cette situation, pour garder la tête hors de l’eau, pour me sentir utile, était de diffuser de l’amour et de la lumière. Et de continuer à vivre. Vraiment. Alors, avec Sim, on s'est mis au piano et on s'est filmés chantant "Si une chanson" de Florent Pagny. Nous l’avons partagé sur les réseaux, avec l’espoir modeste d’alléger, ne serait-ce qu’un instant, la douleur. Une femme m’a écrit pour me remercier, et m’a demandé si cette vidéo pouvait accompagner un moment d’adieu. Quand tout vacille, je continue de croire à la force des gestes simples.
Une chanson. Une présence. Un sourire. 

J’ai été profondément touchée par le témoignage des jeunes lors de la cérémonie. Une phrase a résonné très fort en moi :
« On ne peut pas ajouter de jours à la vie, mais on peut ajouter de la vie dans les jours. »

Alors, comme disait Grand-Maman, "on avance".
Et l'entre en 2026 avec cette phrase comme guide.

Je vous souhaite une année remplie de vie, de rires et d’amour.
Que les projets qui vous tiennent à cœur prennent naissance, se réalisent, et viennent donner du sens à nos vies si fragiles. Et à toutes celles et ceux qui ont été particulièrement touchés par cette tragédie, de près ou de loin, je pense à vous.

⚡️ C’est POP.
⚡️ C’est ROCK.
⚡️ C’est une nouvelle version de “NOTRE NOM”.

Le Pop Rock Remix sort ce vendredi 
👉 PRESAVE maintenant pour l’avoir directement dans ta playlist dès la sortie 💫

Chaque clic pour PRESAVE ce titre nous emmène plus loin.
On compte sur vous 🤍

🌿 Workshop — Revenir à soi

Clarifier ce qui compte vraiment

Ce workshop est né d’un besoin personnel.
Celui de m’arrêter, d’écouter, de trouver le sens dans ce monde de fou, de reconnaître les blocages, de faire le point sur ce qui est essentiel dans ma vie et de mettre en place ce qu'il faut pour réaliser mes rêves. 

Le 8 février, j’ai voulu créer un espace pour cela : une journée pour ralentir, écouter son corps, accueillir ses émotions et clarifier ce qui compte vraiment.

Avec mon amie Dallal, médecin formée à l’ACT, nous proposons une approche à la fois scientifique, corporelle, émotionnelle et créative, dans un cadre intime, sécurisant et bienveillant.

✨ 10 places uniquement
🎁 Tarif préférentiel pour les 3 premières inscriptions

Si ces mots résonnent, c’est peut-être le bon moment.

Tellement hâte de commencer cette année à tes côtés.
Let's go, it's donna be CRAZY! 
Prends soin de toi. LOVE.


💌 Sophie 

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