Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un Ventre #9

Le bail de Baby Love se terminait le 3 octobre. Nous sommes le 4. Bon. On n’est pas au jour près non plus.

Et pour être tout à fait honnête, je crois même que je suis le propriétaire le moins pressé du monde de procéder à l’expulsion.

Parce qu’après neuf mois à être deux dans le même corps, notre première rencontre sera aussi notre première séparation.

Bonjour,

c'est le Ventre.

Il y a un petit détail que Baby Love semble avoir zappé. Quand on est colocataire quelque part, normalement, il y a un bail. Et sur un bail, il y a une date de fin.

La sienne, c’était le 3 octobre. Nous sommes le 4. Bon. On n’est pas au jour près non plus.

Je suis un propriétaire plutôt flexible. Une nuit ou deux supplémentaires, ça peut s’entendre.

Mais il faudrait quand même que Mademoiselle évite de prendre trop ses aises.

Parce qu’à ce rythme-là, elle va finir par croire que le bail est renouvelable tacitement.

Il paraît qu’il existe des histoires assez incroyables de propriétaires qui n’arrivent plus à récupérer leur logement. Il y a deux jours, j’ai même vu au JT français que certains finissaient par payer les squatteurs pour qu’ils partent. Apparemment, parfois, ça coûte moins cher que d’attendre.

Serge, le cousin de Sim, nous a d’ailleurs mis en garde : « Attention, en France, si vous passez le délai et entrez dans la trêve hivernale, le squat risque de durer jusqu’au printemps ! »

Merci Serge pour cette information rassurante.

Moi, je n’en suis pas encore là. Et pour être tout à fait honnête, je crois même être le propriétaire le moins pressé du monde de procéder à l’expulsion.

Parce que cette attente est étrange.

Chaque matin, je me réveille en me demandant si c’est aujourd’hui que Mademoiselle va faire son entrée en scène. Et chaque soir, même petit rituel. Est-ce que tout est prêt si on doit partir au milieu de la nuit ?

Les valises sont dans la voiture. Les téléphones chargés. On se couche en sachant très bien qu’on pourrait se réveiller deux heures plus tard, sauter dans la voiture et partir à deux vers la maternité… pour revenir à trois.

Puis la nuit passe. Le matin arrive. Et Baby Love est toujours chez moi. Bien au chaud.

Alors une nouvelle journée commence avec cette drôle de sensation : peut-être aujourd’hui. Ou peut-être pas.

Et qu’est-ce qu’on fait, exactement, d’une journée qui est peut-être la dernière à deux ? Est-ce qu’on la remplit ? Est-ce qu’on ne fait surtout rien ?

Est-ce qu’on profite d’une potentielle dernière grasse matinée avant que, paraît-il, ce concept disparaisse des années de notre vocabulaire ?

Sophie regarde ces grandes plages de rien avec une drôle de conscience du temps.

Une heure pour écrire son livre. Regarder un film. Faire un exercice de chinois.

Une sieste, si j’accepte de coopérer. Comme si chaque moment libre avait soudain une petite étiquette :

« Profitez-en, bientôt vous n’aurez plus une seconde à vous. »

C’est en tout cas ce que tout le monde nous répète. On verra.

Pour l’instant, on a encore nos secondes. Alors on les prend.

Et tous les soirs, Simon répète du handpan pour le grand jour.

J’ai donc droit à mon concert privé quotidien. Le handpan, cet instrument aux allures de soucoupe volante, construit ici par les luthiers Awen, me remplit de vibrations. Alors je profite.

Je sais qu’il y a notamment deux situations qui nous feront prendre la direction de la maternité.

La première : perdre les eaux. N’importe où, n’importe quand.

Ma poche des eaux se fiche complètement de la bienséance.

Heureusement qu’elle n’a pas décidé de faire des siennes le week-end dernier, pendant l’événement de la Fête de la Lune auquel Sophie assistait chez Vacheron Constantin.

Imaginez. Cérémonie de dégustation de thé. Porcelaine délicate. Silence.

Et soudain…Non. Merci Baby Love d’avoir compris que ce n’était peut-être pas le meilleur endroit pour rendre les clés.

L’autre scénario, ce sont les contractions qui deviennent régulières et suffisamment rapprochées pour comprendre que, cette fois, Baby Love ne fait plus de répétition générale.

Pour l’instant, ce n’est pas encore ça. Et pourtant, ça travaille. Ça serre. Ça tire. Ça pousse. Ça s’arrête. J’ai parfois l’impression d’avoir toute une équipe de petits personnages avec des casques jaunes en plein chantier là-dedans.

— On ouvre ?

— Non, pas encore.

— Une petite contraction pour voir ?

— Allez.

— On prévient les parents ?

— Surtout pas.

Et tout le monde repart en pause café. Faux espoir.

Alors je reste principalement bien au chaud à la maison. Une petite balade par jour, pas beaucoup plus : à chaque pas, j’ai l’impression de vivre les festivités du 1er août, une année où les feux sont autorisés. Je suis gros et heureux.

Et je ne suis pas le seul à attendre. L’attente s'est propagée.

La famille attend. Les amis attendent. Le public de Sophie attend.

Et depuis quelques semaines, tout le monde a sa petite intuition sur la date de sortie de Baby Love.

Les partenaires chinois de Sophie espéraient une naissance pour la Fête de la Lune. C’était joli, il faut dire. Symbolique. Presque écrit. Raté.

Ensuite, il y a eu la pleine lune. Là, on nous l’avait presque garantie.

Sophie a reçu des messages :

« Cette nuit sera intense. » « Ça se rapproche… »

La lune est passée. Baby Love est restée.

Puis il y a eu le 30 septembre. Quelques proches dont c’était l’anniversaire se voyaient déjà partager leur date avec elle pour les prochaines décennies. Raté.

Le 1er octobre, Fête nationale chinoise.

Pour un bébé dont les parents construisent des ponts avec la Chine depuis des années, ça aurait eu une certaine allure. D’autant que Sophie, elle, est née un 1er août, jour de la Fête nationale suisse.

Mais Baby Love n’a visiblement aucune envie de passer sa vie à entendre les gens lui demander avec un petit sourire : « Hasard ou synchronicité ? »

Raté aussi. À présent, même les numérologues sont dans les starting-blocks.

Ils n’attendent plus qu’une chose pour commencer leurs calculs : la date de naissance.

Petit problème : la principale intéressée refuse toujours de communiquer son agenda.

Et plus les jours passent, plus ça m’amuse.

Depuis des mois, on essaie de deviner qui elle sera, son signe, son caractère… et avant même d’être née, Baby Love prend déjà un malin plaisir à déjouer les prédictions.

Je ne connais pas vraiment les caractéristiques des Balances, et je ne sais pas si tout ça dit quoi que ce soit de celle qu’elle sera.

Mais entre nous…j’aime beaucoup l’idée que cette nana ait déjà du caractère.

Et qu’avant même son entrée en scène, elle réussisse à tenir tout le monde en haleine.

La maman et la sœur de Sophie vivent presque cette fin de grossesse par procuration.

L’autre soir, Carol a même eu l’impression de sentir des contractions. À ce stade-là, je crois qu’on peut officiellement parler de grossesse collective.

Le public de Sophie vient aussi aux nouvelles. On reçoit des petits messages :

« Toujours rien ? » « Baby Love est arrivée ? » « Tu as nettoyé les vitres ? »

Et on sait aussi qu’il y a ceux qui n’osent justement plus en envoyer, de peur de déranger. C’est tendre de sentir toute cette bienveillance autour de nous.

Comme si, sans vraiment s’en rendre compte, un petit cercle s’était formé autour de cette naissance. Tout le monde attend quelque chose. Une notification. Un message. Une photo.

Au dernier check-up, Sophie a posté innocemment un carac rose depuis le restaurant de la clinique. Aussitôt, certains ont cru que c’était le grand jour.

Fausse alerte. C’était juste un carac pour célébrer Octobre rose.

Et au milieu de tout ça, la vie continue. Sophie et Simon bookent leur tournée Éclipse 2027 comme si de rien n’était. Un mail pour une salle. Une option pour une date. Un coup de téléphone pour avril. Notre vie se projette à six mois alors que celle des prochaines heures est totalement impossible à planifier. Et puis il y a ceux qui sont déjà passés par là. Les parents.

Certains ont un petit sourire très particulier quand ils regardent Sophie et Simon.

Bienveillant. Attendri. Un peu mystérieux quand même.

Le sourire qui semble dire : « C’est mignon. Vous croyez que vous êtes prêts. »

Ou, dans sa version moins diplomatique : « Vous n’avez absolument aucune idée de ce qui va vous arriver. »

Ils ne disent rien. Ils sourient. Et repartent avec ce petit air de membres d’une société secrète dont Sophie et Simon sont sur le point de découvrir les conditions d’adhésion.

Il y a aussi ceux qui nous disent : « Courage ! » C’est adorable. Mais courage pour quoi exactement ? Pour l’attente ? Pour l’accouchement ? Pour les nuits ? Pour les vingt prochaines années ?  Parce que, bizarrement, Sophie et Simon sont calmes. Sereins. Ancrés.

Et complètement fous de joie à l’idée de la serrer enfin dans leurs bras.

Alors parfois ils se demandent : est-ce qu’on est vraiment sereins ou juste délicieusement inconscients ?

Est-ce qu’on est dans le déni ? Est-ce qu’il y a quelque chose qu’on n’a pas compris ? Ou est-ce que, tout simplement, on ne peut pas comprendre avant de l’avoir vécu ?

On nous parle d’un bouleversement. Il y a l’avant et l’après. Dans certaines cultures, ce passage est ritualisé. En Chine, par exemple, les premières semaines après la naissance sont traditionnellement consacrées au repos de la mère, entourée et prise en charge par ses proches. Comme s’il fallait un sas pour entrer dans sa nouvelle vie.

Comme si Baby Love n’allait pas être la seule à naître.

Elle va naître bébé. Et eux vont naître parents.

Dit comme ça, c’est presque dramatique. On dirait qu’il faudrait organiser une cérémonie d’adieu à leur ancienne vie. Parce qu’au fond, il y a peut-être un tout petit deuil là-dedans.

Pas un deuil triste. Le deuil d’une vie à deux pour la naissance d’une vie à trois.

Une expédition improvisées. Du temps qui n’appartient à personne. De cette liberté de se demander à 18 heures ce qu’on va faire de sa soirée.

Sophie, elle, oscille entre toutes ces grandes interrogations existentielles…

…et une pensée beaucoup plus concrète. Le tartare.

Celui qu’elle attend depuis neuf mois. À chaque journée qui passe, il se rapproche. Baby Love, bien sûr. Mais le tartare aussi.

Mais si je plaisante autant sur son départ, c’est peut-être aussi parce qu’au fond, je ne suis pas si pressé de la voir partir.

Parce qu’après neuf mois à être deux dans le même corps, notre première rencontre sera aussi notre première séparation.

Bon, elle ne partira pas très loin, la prochaine fois que je vous écrirai, elle sera probablement blottie contre moi dans une écharpe. Elle continuera à me tenir chaud. De l’autre côté, simplement. Rien que d’écrire cette phrase me paraît complètement irréel.

On peut lire, écouter, demander, imaginer autant qu’on veut : il y a un moment où il faudra simplement le vivre. Et respirer. Ça, je sais faire.

J’inspire doucement, profondément. Puis j’expire longtemps. Comme quand je chante.

Et puis après… Il y a Voldemort. Celuidontonnedoitpasprononcerlenom. Le post-partum.

Deux petits mots qui semblent contenir un monde à eux seuls.

Baby blues, hormones, nuits hachées, corps qui récupère, allaitement, vulnérabilité, anxiété, dépression, nouvelle identité…

Les algorithmes Instagram nous noient de contenus qui répètent à Sophie qu’il faudra accepter de se faire aider, de ne pas tout gérer, d’être vulnérable.

Et moi qui absorbe déjà toutes ses émotions, je me demande : l’hypersensibilité peut-elle devenir de l’hyper-hypersensibilité ?

Vous penserez à nous hein ?  En attendant, Sophie a reçu un livre des éditions Jouvence sur le sujet : Les secrets du post-partum.

Il est posé là. Je le regarde. Sophie aussi. Sim aussi. Personne n’ose l’ouvrir.

Chaque chose en son temps. Pour l’instant, j’ai encore une locataire à domicile.

Et puis il y aura moi. Sans elle dedans. Je vais découvrir ce qu’il reste d’un ventre quand sa locataire a rendu les clés. Heureusement, j’ai choisi la bonne saison. Cet hiver, je me glisserai sous de gros pulls, le temps de faire connaissance avec ce nouveau moi et de me refaire une beauté.

Mais avant de découvrir qui je serai sans elle, je profite encore un peu de nous deux.

Alors pour quelques heures encore, je savoure cet entre-deux.

Le bail est terminé. Tout le monde t’attend.

Baby Love, ne prends quand même pas trop tes aises…

Mais pour aujourd’hui, je te laisse encore rester chez moi.

Aaaah…

Attendez.

Petite contraction.

…

Fausse alerte ?

 

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse Carnet Eclipse
Aperçu rapide
Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un Ventre #8

Cette semaine, le ventre de Sophie donne la parole à son plus grand complice : le ventre du futur papa. Entre impatience, instinct de protection, petites peurs, couvade improvisée et beaucoup d’amour, les deux ventres racontent à leur manière ces derniers jours avant l’arrivée de Baby Love.

Bonjour.
C’est le ventre.

Aujourd’hui, je ne suis pas seul. J’ai invité quelqu’un que je connais depuis très longtemps.

Le ventre de Simon.

On pourrait dire que nous sommes les plus grands complices de cette histoire.

Parce qu’avant Baby Love, avant la grossesse, avant les échos et les coups de pied sous les côtes, nous deux, on se connaissait déjà par coeur.

Il y a dix ans, bien avant que leurs têtes comprennent ce qui était en train de se passer, c’est nous qui avons commencé à envoyer les premiers signaux. Les papillons. Le ventre noué avant de se voir. Cette sensation étrange quand l’autre entre dans une pièce.

Les émotions qu’on essaie ensuite d’expliquer très sérieusement avec le cerveau alors que, franchement, nous avions déjà tout compris. Enfait, c'est grâce à nous toute cette histoire : ce projet de musique Sophie de Quay, Baby Love...

Parce qu’un ventre ne sert pas seulement à digérer. C’est aussi le berceau des émotions.

Et depuis dix ans, le ventre de Sim et moi, on a tout traversé ensemble : le trac avant les concerts, les voyages.

Les petites engueulades. Les réconciliations. Les grands projets. Les boules au ventre. Les fous rires qui nous tordent.

Alors forcément, quand Baby Love est arrivée et que j’ai commencé à prendre des proportions légèrement déraisonnables, mon plus grand complice a voulu participer lui aussi. Il vous racontera.

Allez, je vous le présente : le ventre du futur papa.

Salut Ventre. Je te présente mes lecteurs. Ça fait depuis cet été qu’on se fréquente une fois par semaine. Je leur raconte beaucoup de choses, quelques confidences. Je me plains parfois un peu des humains qui nous entourent.

Je leur explique aussi que porter un bébé, c’est très beau, mais que niveau espace personnel, on repassera. Bref, on a créé une petite relation de confiance. Ils savent presque tout de ma vie. Enfin… tout ce que je décide de leur dire.

Donc aujourd’hui, sois sympa. Pas de langue de bois. Ils sont de la famille maintenant.

Et surtout, ils commencent à très bien me connaître.

Alors je te préviens : s’ils trouvent que tu racontes n’importe quoi, ils prendront probablement mon parti.

Bienvenue dans les Chroniques d’un ventre.

— Bon, Ventre du futur papa… ça fait bizarre hein, on s'est connus on était jeunes et insousciants.

Comment tu te sens, là, dans cette période complètement étrange où tout peut basculer d’une seconde à l’autre ?

Franchement ? Je suis en alerte. Pas en panique. Mais en alerte.

Sophie est très expressive et peut être maladroite et depuis quelques jours, chaque fois qu'elle fait une petite grimace, qu'elle dit "aïe" parce qu'elle s'est pris un coin de table , mon patron me demande immédiatement : « C’est maintenant ? »

Et moi, je n’en sais absolument rien. Il zappe que je suis un ventre. Je ressens beaucoup de choses, mais je n’ai pas encore obtenu mon diplôme de sage-femme.

Ce qui est très particulier, c’est cette sensation que notre vie actuelle peut basculer à n’importe quel moment.

On peut être en train de vivre notre vie de ventres. Gargouiller. Digérer. Faire des papillons.

Se contracter pour attirer un peu l’attention. Et soudain…tout le monde court vers la maternité.

Donc forcément, à l’intérieur de moi, il y a pas mal de circulation. De l’excitation. De l’appréhension. De l’impatience.

— Est-ce que tu réalises vraiment que dans quelques jours ton patron va devenir papa ?

Déjà, je tiens à préciser une chose. Moi, je ne vais pas devenir papa. Je vais devenir le ventre du papa. Chacun son poste. Mais oui. Je le réalise de plus en plus.

Et c’est assez fascinant, parce qu’on parle énormément de toi depuis neuf mois. Toi, tu grandis. Tu bouges. Tu héberges Baby Love. Tu fais des montagnes russes. Tu prends toute la lumière. Pendant ce temps-là, moi, extérieurement… rien. Enfin… J’ai tenté une petite couvade au début. Par solidarité.

Je me suis dit : mon vieux complice grandit, je vais grandir aussi. Mon patron n’a absolument pas apprécié. Donc j’ai assez rapidement abandonné le concept.

Mais même si je n’ai pas de bébé à l’intérieur de moi, il y a quelque chose qui a énormément grandi. L’amour. Et avec lui, la responsabilité. La fierté. L’appréhension.

La question de savoir si mon patron sera à la hauteur. Tout ça, devine où ça finit ? Chez moi.

Évidemment. Le cerveau réfléchit. Le cœur fait son intéressant. Et moi, je récupère tout le reste.

— Tu t’es senti un peu jaloux de moi parfois ? Parce que c’est quand même moi qui héberge Baby Love depuis neuf mois.

Jaloux ? Non. Responsable, oui. Très rapidement, j’ai senti que mon patron avait envie de prendre soin de vous deux. Il a été très impliqué pendant toute cette grossesse.

Et comme c’est moi qui récupère ses émotions, j’ai passé neuf mois à lui envoyer des petits messages.

« Fais attention à elle. » « Ne la laisse pas porter ça. »

« Pourquoi cette personne met-elle sa main sur le ventre sans demander ? »

Je dois dire que certaines mains inconnues ont provoqué chez moi quelques tensions.

Les mauvaises langues pourraient parler de jalousie. Moi, j’appelle ça : service de sécurité.

— Et la première fois que ton patron a senti Baby Love bouger en moi ?

Là, ça s'est concrétisé ! Jusqu’à ce moment-là, une grossesse peut encore rester assez abstraite.

Et soudain…un coup. Sous sa main. Et là, tout devient réel. J’ai reçu une espèce de décharge de joie. Et surtout un amour que je n’avais encore jamais senti comme ça. Certains copains lui avaient dit : « Tu verras, pour les papas, ça devient vraiment concret quand le bébé arrive. »

Eh bien non. Chez nous, la connexion était déjà là.

Et puis quand nos boss s'endorment et que je viens me poser contre toi. Enfin… ça, c’était surtout avant l’arrivée du coussin de grossesse. Depuis, soyons honnêtes, on vit une relation à distance.

Mais quand j’arrive quand même à me rapprocher et que Baby Love donne un coup, c'est comme si, pendant quelques secondes, tu me prêtais un petit bout de ta grossesse. Je reconnais que c’est une sensation assez incroyable.

Et plutôt pratique aussi : je profite de l’expérience sans avoir à porter les neuf mois.

Sans les nausées, sans la sciatique et sans avoir à trouver une position pour dormir.

— Tu as eu peur pendant ces neuf mois ?

Oui. Mais, paradoxalement, je crois que j’ai eu encore plus peur avant.

Avant que Baby Love soit là. Au moment de l’opération de Sophie.

Quand, pendant un temps, on ne savait pas vraiment si toi, tu pourrais un jour accueillir un bébé. Là, j’ai senti chez mon patron une peur beaucoup plus profonde.

Pas la peur qu’il arrive quelque chose. La peur que cette histoire n’arrive peut-être jamais.

Alors quand Baby Love s’est finalement installée chez toi, il y a eu énormément de soulagement. Et puis, forcément, d’autres peurs ont pris le relais.

Peur qu’il vous arrive quelque chose. Peur que Sophie tombe. Peur d’un accident.

Et plus tu prenais de la place, plus j’avais cette impression étrange que vous étiez à la fois incroyablement fortes… et un peu plus vulnérables.

Mon patron vous a toujours vues comme une entité très forte.

Et soudain, il s’est retrouvé avec cette envie presque instinctive de vous protéger. Alors moi, forcément, j’ai tout reçu. Les petits nœuds. Les grandes inquiétudes.

Les scénarios catastrophes dont personne n’avait besoin. Merci, cerveau. Mais neuf mois plus tard… vous êtes toujours là.

Baby Love aussi.

Et je dois reconnaître que tu as fait un boulot assez impressionnant. Même si, niveau mobilité… on a connu un ventre plus performant.

— Pardon ?

Je dis juste que tu ne remporteras probablement pas le championnat du monde du ramassage d’objets au sol cette semaine. Et que moi, j'ai de plus en plus d'abdos, je compense, tu me donnes 2x plus de job !

— Qu’est-ce que tu aimerais transmettre à Baby Love ?

Pendant longtemps, mon patron ne m’écoutait absolument pas. Je lui envoyais des signaux.

Il ignorait. Je renvoyais. Il ignorait encore. Il y a 2 ans, j’ai dû passer au niveau supérieur.

La douleur. Ça s’est terminé à l’hôpital alors qu’il pensait avoir quelque chose de terrible.

Il était surtout extrêmement stressé. Donc si je peux transmettre une seule chose à Baby Love, ce serait : écoute ton ventre avant qu’il soit obligé de hurler.

Écoute tes intuitions. Tes émotions. Tes limites. Ce petit truc qu’on ressent avant même de savoir l’expliquer. Parce que la tête est très intelligente.

Mais entre nous… elle arrive parfois avec quelques heures de retard.

— Et quel papa ton patron est-il en train de devenir ?

Je crois que ça ne se décide pas. Ça lui arrive. Et moi, je le sens très clairement : beaucoup d’amour, beaucoup de présence, beaucoup d’envie de protéger.

Bref… un papa très aimant. Peut-être même un peu papa poule.

Déjà très connecté à Baby Love. Et persuadé qu’il saura tout gérer.

Enfin… jusqu’à la première couche explosive.

— Tu sais, dans quelques jours, moi, je vais me retrouver vide…

J’y ai pensé. Ça va être bizarre pour toi. Pendant neuf mois, tu as été la star.

Tout le monde te regarde et ça engage des discussions.

Et puis soudain… Toute l’attention va se déplacer. Vers Baby Love. Ta plus belle création, quand même. Et probablement un peu vers tes copines les boobs, elles angoissent un peu à l'idée de prendre 2 tailles et de se retrouver pleines de lait et de découvrir que les premiers jours ne sont pas exactement une promenade de santé.

Bref… tu sais quoi ? Toi et moi, on va vivre quelque chose de très fort.

Et comme toujours… tout passe. Même les plus grandes révolutions.

— Merci de me rappeler que je vais connaître une terrible traversée du désert médiatique.

C’est le problème des artistes. Le plus difficile, ce n’est pas de devenir grand. C’est de rester grand.

— Justement, moi j’aimerais plutôt redevenir petit.

Et tu redeviendras petit. Mais pas demain matin. Déjà, tu t’apprêtes à faire un travail immense : laisser passer Baby Love de l’autre côté.

Alors chaque chose en son temps.

Tu vas devoir récupérer, retrouver doucement ta place, comprendre comment tu fonctionnes sans ton coloc. Et quand ce sera le moment, on s’y remettra ensemble.

Un peu de sport. Quelques exercices. Step by step !

Pour l’instant, ton seul job, c’est de faire sortir Baby Love… puis de souffler un peu.

— Je crois quand même que les petits coups de pied vont me manquer.

Ne t’inquiète pas. Tu continueras à les sentir. Simplement… de l’autre côté. Et cette fois, on pourra se les partager.

Quand tu en auras marre, ce sera mon tour. Quand j’en aurai marre, ce sera ton tour.

Après dix ans à tout partager , je crois qu’on est prêts pour ça aussi. Après tout, on est les plus grands complices de leur histoire.

Et dans quelques jours, pour la première fois… Baby Love ne sera plus en toi.

Elle sera avec nous. ❤️ 

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse Carnet Eclipse
Aperçu rapide
Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un Ventre #7

Cet été, mon ventre s’est retrouvé entouré de ventres beaucoup plus expérimentés que lui : une maman, une grand-mère, une sœur, une cousine… Trois générations, onze grossesses, et beaucoup de choses à raconter. Parce qu’au fond, ce que les femmes d’une même famille se transmettent, ce n’est peut-être pas une méthode, mais une mémoire, des expériences… et beaucoup de « moi aussi ».

Bonjour. C’est le ventre.

Cet été, Sophie est partie une semaine en vacances en famille. Moi, j’ai surtout passé sept jours au bord d’une piscine, entouré de ventres beaucoup plus expérimentés que moi. Autant dire que j’étais en séminaire de formation. J’étais le petit nouveau.

Carol, la maman de Sophie : trois enfants.

Mamita, sa grand-mère : quatre.

Nat, sa grande sœur : deux.

Vanessa, sa cousine : deux… et un parcours qui mériterait à lui seul plusieurs chapitres.

Et moi ? Première grossesse. Donc forcément, j’avais des questions. Alors j’ai organisé un salon de thé des ventres. Quatre femmes. Trois générations. Onze grossesses à elles quatre.

Premier sujet : les restrictions alimentaires.

Parce que si vous avez suivi mes dernières aventures... vous savez déjà qu’en ce moment, chez moi, chaque bouchée passe presque un contrôle de sécurité.

Alors j’avais envie de savoir : vous, comment vous avez vécu tout ça ? Et surtout… qu’est-ce qui passait encore ?

VENTRE DE MAMITA :

« Pas trop d’alcool. »

… Pardon ? Pas trop ?

Le ventre de Carol confirme qu’à son époque, l’ambiance était légèrement différente.

 

VENTRE DE CAROL :

« Le médecin lui avait dit qu’elle pouvait boire un verre de vin rouge par jour. »

Bon. Il faut peut-être préciser une chose. Cette famille est valaisanne.

À l’époque, on considérait volontiers qu’un petit verre de rouge pouvait détendre.

Donc visiblement, en Valais, le verre de rouge avait presque son tampon médical.

Clash des époques : l’autre jour, on propose un tiramisu à Sophie.

« Il y a de l’alcool dedans ? » « Les œufs sont pasteurisés ? »

À ce rythme-là, le tiramisu allait bientôt devoir fournir ses papiers.

Le ventre de Mamita, lui, raconte tranquillement qu’il avait trouvé sa propre solution contre les nausées.

VENTRE DE MAMITA :

« Elle n’a jamais mangé autant de salami, ma patronne ! » Et visiblement, la méthode lui est restée.

Des années plus tard, quand elle avait le mal de mer sur les bateaux, elle ressortait le même remède…et distribuait du salami à tout l’équipage. Et ça marchait.

Alors là…je vous avoue que je l’ai un peu mal pris.

Moi, ça fait des mois que je regarde passer les plateaux valaisans sans pouvoir toucher à la viande séchée, au saucisson, au jambon cru… Je me contente du persil et du petit oignon.

Et Mamita, elle, soignait ses nausées au salami. Franchement. Il y a des héritages familiaux qui se perdent.

Le ventre de Nat, lui, avait un tout autre problème.

VENTRE DE NAT :

« Moi, je n’ai pas beaucoup vomi. Mais les nausées et les dégoûts… Dont le poisson!

Impossible. Impossible de l’acheter. Impossible de passer devant le rayon.

Et encore moins de le cuisiner. Alors que, bien sûr, on lui expliquait que les oméga 3 étaient très importants. »

Évidemment. Le corps adore ce genre d’ironie.

VENTRE DE NAT :

« Et puis les goûts changeaient complètement. Ce qu’elle adorait avant devenait impossible à avaler. Et inversement. Un jour, c’était des envies d'anchois. Le lendemain, Nutella. »

Voilà. Un régime alimentaire parfaitement cohérent.

Anchois un jour. Nutella le lendemain. Et le plus étrange ? Des années plus tard, il y a encore des jours où l’odeur du poisson suffit à tout faire remonter.

Deuxième sujet : la fameuse grossesse merveilleuse.

Vous savez. L’état de grâce. La peau lumineuse. Les cheveux plus épais. Les ongles plus forts. Les hormones censées vous transformer en créature mystique baignée de lumière. J’ai fait un tour de table.

VENTRE DE MAMITA :

« Moi, ce dont je me souviens surtout, ce sont les vomissements.

Du premier mois jusqu’au huitième mois… »

Huit mois ?

 

VENTRE DE MAMITA :

« Huit mois et demi ! »

 

VENTRE DE CAROL :

« Moi, c’est simple : si je restais vide, les nausées repartaient. Donc pour éviter de tout renvoyer, il fallait me nourrir. Encore. Et encore. Jusqu’au neuvième mois.

À un moment, Carol avait pris 30 kilos. Après ça… elle a simplement arrêté de se peser. »

Une stratégie comme une autre pour gérer les chiffres.

 

VENTRE DE NAT :

« Moi, je vais être honnête… Nat et moi, on n’a pas trouvé ça génial d’être enceinte. Pas de grand état de grâce. Pas de révélation mystique. On a fait le boulot. C’est tout. »

VENTRE DE VANESSA :

« Moi, pendant un moment, la seule chose que j’acceptais vraiment… c’était le Coca. »

Je ne sais pas qui a inventé l’expression « état de grâce »… mais manifestement, elle n’avait jamais assisté à ce salon de thé.

Et puis il y a un autre sujet sur lequel tout le monde semblait d’accord.

 

Les mains. Celles des autres. Sur nous. Sans invitation.

VENTRE DE NAT :

« Les gens venaient la toucher comme si son ventre appartenait à tout le monde. »

VENTRE DE VANESSA :

« Toutes ces mains sans demander… c’était hyper intrusif. » Merci.

Enfin une règle qui traverse les générations. Communiqué officiel du séminaire des ventres :

ON DEMANDE AVANT DE TOUCHER.

Ensuite, on a parlé de ce qui se passe à l’intérieur. Le ventre de Mamita se souvenait encore, plus de soixante ans après, des premiers petits coups de talon. Celui de Carol parlait de chatouilles. De petits frissons.

Nat avait une version un peu moins glamour.

VENTRE DE NAT :

« Une bosse. Et parfois l’impression d’être complètement déformé. » Merci ventre de Nat. Enfin quelqu’un qui respecte ma réalité actuelle. Parce que là, le petit frisson… on l’a clairement dépassé. On est passé en mode rénovation intérieure. Un genou à droite. Un pied sous les côtes. Parfois Sophie me regarde bouger avec cette tête très particulière qui dit : « C’est merveilleux… mais on dirait quand même un alien. »

Et puis j’ai posé LA question. Celle que j’évitais jusque-là par pure stratégie de survie.

Bon… l’accouchement. Racontez-moi tout.

VENTRE DE MAMITA :

« Quatre enfants. Jamais de péridurale. »

Le ventre de Carol ? Son premier accouchement ne s’est pas exactement déroulé comme prévu.

VENTRE DE CAROL :

« Le jour même, le bébé s’était retourné en enroulant le cordon autour de son cou. »

Et ce bébé… c’était Sophie. Évidemment. Déjà avant sa naissance, madame avait décidé de faire les choses différemment.

Résultat : césarienne.

 

Nat, elle, avait tout préparé. Cours. Respiration. Positions. Projet de naissance. Le dossier était prêt. Sauf que son fils, lui, avait décidé d’arriver à son rythme.

VENTRE DE NAT :

« Moi, on m’a déclenché. 10 jours plus tard. Des heures de contractions. Intenses. Sauf que le col, lui, n’avait pas envie de s’ouvrir. Moi, je contractais. Lui, il ne bougeait pas.

Et puis, après toutes ces heures à bosser… césarienne.

Autant vous dire que je n’avais pas vraiment prévu cette sortie-là. Mais le plus difficile est venu après. Nat ne l’a pas vu pendant les quatre premières heures de sa vie. Elle ne savait pas vraiment comment il allait. Elle ne pouvait pas le sentir contre elle. Ni le porter. Et elle, elle était là. Seule avec la douleur de l’opération. À attendre. Impuissante. » Un sentiment de frustration. Une inquiétude.

Et cette sensation d’avoir manqué les toutes premières heures d’une histoire qu’on attendait depuis neuf mois.

Puis, six ans plus tard… deuxième grossesse. Deuxième césarienne. Mais cette fois…

VENTRE DE NAT :

« On a eu notre peau à peau. Et là…plus rien autour n’existait vraiment. Juste lui. Elle. Et c’était magique. »  la deuxième histoire ne réécrit pas la première mais elle est venue déposer quelque chose de doux exactement là où il manquait encore un peu de lumière.

Le ventre de Carol, lui, avait vécu quelque chose d’assez proche lors de la naissance de Sophie.

VENTRE DE CAROL :

« Après neuf mois à porter Sophie, ce n’est pas Carol qui l’a prise dans ses bras en premier. Tu portes. Tu encaisses. Tu t’étires pendant neuf mois… et au moment de la grande rencontre, tu te retrouves relégué en coulisses. »

Deux générations. Deux césariennes. Deux vécus différents. Une même évidence: les premières minutes comptent.

Je commençais à comprendre que ce séminaire de formation allait un peu plus loin que prévu.

Je pensais repartir avec deux ou trois conseils sur les contractions. Je découvrais surtout tout ce qu’un ventre garde en mémoire. Puis le ventre de Vanessa a pris la parole.

VENTRE DE VANESSA :

« Moi, j’ai connu une première grossesse très jeune qui n’a pas pu aller jusqu’au bout.

Puis, plus tard… les traitements. Les piqûres. Les inséminations. Les espoirs. Les déceptions.

Et cette question qui revenait sans arrêt : est-ce qu’un jour, je réussirai à porter un bébé jusqu’au bout ? » Puis Vanessa rencontre Vadim. Quelques mois plus tard…

VENTRE DE VANESSA :

« Une grossesse naturelle. Pour nous, c’était un miracle. »

Et là, je me suis dit qu’on parle beaucoup de tout ce qu’on met dans un ventre. Mais beaucoup moins de tout ce qu’un ventre garde. Les peurs. Les attentes. Les déceptions. Les deuils. Les souvenirs. Les espoirs. Et parfois des histoires qu’on porte pendant des années pour soi avant de les raconter.

C’est assez étrange, finalement. On connaît les femmes de sa famille depuis toujours. On connaît leurs recettes. Leurs habitudes. Leurs dossiers compromettants. Mais il suffit qu’un ventre tombe enceinte pour qu’un tout nouveau niveau de conversation se débloque. D’un coup, une maman redevient la jeune femme qu’elle était quand elle a accouché.

Une grand-mère se rappelle exactement de ses nausées soixante ans plus tard. Une sœur raconte ce qu’elle aurait aimé vivre autrement. Une cousine met des mots sur un parcours qu’on connaissait parfois à peine. Et moi, petit nouveau du groupe… j’écoutais.

Parce qu’au fond, il y avait une phrase qui revenait sans vraiment être dite.

Moi aussi. Moi aussi j’ai eu peur. Moi aussi j’ai eu des nausées. Moi aussi je n’ai pas tout aimé. Moi aussi ça ne s’est pas passé comme prévu. Moi aussi j’ai dû faire avec.

Et ça, bizarrement… ça rassure. Pas parce que tout finit comme on l’avait imaginé.

Manifestement, dans cette famille, les bébés ont une relation assez libre avec les projets de naissance. Mais parce qu’on découvre qu’avant nous… d’autres sont passées par là.

Mamita. Carol. Nat. Vanessa. Et toutes celles qui les ont précédées. Des époques différentes. Des grossesses différentes. Des histoires différentes.

Avant de clôturer mon séminaire, j’ai posé une dernière question. Votre meilleur conseil ?

Le ventre de Mamita m’a parlé de confiance. Celui de Nat m’a dit de profiter jusqu’au bout.

Celui de Vanessa, de savourer cette drôle de symbiose tant qu’elle existe.

Et le ventre de Carol a sorti une phrase que j’ai immédiatement rangée dans mon dossier « à ressortir en cas de panique ».

VENTRE DE CAROL :

« Nous, les ventres, on s’en remet. » Ça… je le garde précieusement dans un tiroir de ma mémoire. Parce qu’à quelques jours de mon propre grand rendez-vous… je prends absolument tout ce qui ressemble à une parole rassurante.

Bon. Évidemment, aucune conversation entre ventres ne peut rester émouvante trop longtemps. Le ventre de Vanessa m’a alors annoncé une information extrêmement préoccupante.

VENTRE DE VANESSA :

« Profite bien de l’attention. Parce qu’après l’accouchement… plus personne ne te regarde. »

Pardon ? Pendant neuf mois, c’est : « Oh le ventre ! » « Il bouge ? » « Je peux toucher ? »

« C’est pour quand ? »

Je suis la star. Je fais une bosse à gauche, tout le monde s’extasie. Je bouge de trois centimètres, Sophie appelle Simon. Et puis Baby Love arrive. Et là…

« OOOOOOH LE BÉBÉ ! » Et le ventre ? Pendant neuf mois, il a été le berceau.

Puis, du jour au lendemain, il doit gérer le vide. Les hormones. Les émotions du post-partum.

Tout en essayant de redevenir plat, tonique, musclé. Neuf mois pour construire une maison.

Et à peine le déménagement terminé… on voudrait déjà qu’il n’en reste aucune trace.

Franchement. Neuf mois en tête d’affiche… pour finir figurant dans ma propre production.

Alors je suis retourné sur mon transat. Toujours aussi rond. Toujours aussi débutant.

Mais beaucoup moins seul. Parce que finalement, ce que les femmes d’une même famille se transmettent, ce n’est peut-être pas une méthode. Ni une façon parfaite d’être enceinte. Encore moins une façon parfaite d’accoucher. C’est une mémoire. Des expériences. Des « moi aussi ». Et quelques phrases qu’on garde précieusement jusqu’au jour où notre tour arrive.

Alors Baby Love,  moi, je suis prêt. Enfin… autant que peut l’être un ventre qui vient d’écouter onze histoires de grossesse, plusieurs césariennes, huit mois et demi de vomissements et Mamita annoncer fièrement qu’elle n’a jamais eu de péridurale.

Mais il paraît que dans cette famille… les ventres s’en remettent.

Et après tout ce qu’elles viennent de me raconter, il y a quand même un détail assez rassurant.

Elles en ont toutes refait. Donc soit on s’en remet vraiment… soit on oublie très vite.

Les mamans, quel est LE conseil que vous auriez aimé recevoir pendant votre grossesse ?

Envoie cette chronique à une femme dont tu aimerais entendre l’histoire.

 

 

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un Ventre #6

Bonjour. C’est le ventre.

Il y a un an, sans avoir passé le moindre casting, j’ai décroché le premier rôle d’une série dont le scénario semblait se réécrire à chaque épisode.

Angoisses, fausses pistes, rebondissements, espoir et quelques petits miracles… les scénaristes étaient inspirés.

Il y a eu des examens, des peurs, des chansons chantées dans des salles où ce n’était franchement pas prévu, des signes auxquels s’accrocher… et moi, au milieu de tout ça, à tout ressentir.

Parce que je ne sais pas mentir. Quand quelque chose ne va pas, je le dis. Parfois doucement. Parfois beaucoup plus fort.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter cette histoire. Celle d’un ventre, de ses intuitions, de ses nœuds… et de cette lumière qu’on cherche parfois longtemps avant de la retrouver.

Bonjour. C'est le ventre. 

Je vous ai déjà parlé de ce joli grain de beauté qui décore mon nombril et de ce nombril qui s’exhibe en ce moment sans qu’on ne lui ait rien demandé.

Mais j’ai d’autres signes distinctifs qui racontent mon histoire et me rendent unique. Trois cicatrices.

Je suis le berceau des émotions. Et avec une hypersensible comme boss, autant vous dire que mes jours de congé sont (de plus en plus) rares.

Ici, tout passe par moi : les papillons, les nœuds, les intuitions, les grandes joies, les peurs qui coupent le souffle… Je suis un peu le standard téléphonique de ses émotions.

Il y a un an, sans avoir passé le moindre casting, j’ai décroché le premier rôle d’une série dont le scénario semblait se réécrire à chaque épisode.

Angoisses, fausses pistes, rebondissements, espoir et quelques petits miracles… les scénaristes étaient inspirés.

Aujourd’hui, on approche du dernier épisode de cette saison. Et au générique, un nom qu’on a attendu plus que tous les autres : Baby Love.

Alors, j’ai envie de vous faire une confidence. C’est intime.

Mais peut-être qu’en racontant mon histoire, je peux aussi faire tomber quelques tabous et mettre en lumière la voix de tous ces ventres qui, comme moi, ont traversé des épreuves.

Parce que lorsqu’on vit certaines choses, on peut avoir l’impression d’être seul au monde. Et puis on découvre que d’autres sont passés par là. Et ça apaise peut-être un peu, mes amis les cœurs.

L’année dernière, Sophie et moi avons passé une hystérosonographie, un examen pour aller voir d’un peu plus près ce qui se passait du côté de mon utérus que j’abrite. C’était douloureux.

Alors Sophie a fait ce que Sophie fait quand ça devient trop intense : elle a chanté. Oui. Au milieu d’un examen gynécologique.

Moi, je n’avais pas spécialement prévu de faire un showcase dans ces conditions, mais c’est quand même moi qui gère la respiration. (Sans vouloir me rendre indispensable.)

Alors j’ai fait ma part du taf. 

Et il faut croire que les situations les plus improbables créent parfois de jolis liens : Alexia, sa gynécologue si attentionnée, est depuis devenue une amie.

Au vu de certains résultats, il a fallu continuer d'explorer plus loin. Direction l'hystérosalpingographie pour aller voir les trompes. 

Déjà, réussir à prononcer « hystérosalpingographie » sans reprendre son souffle, c’était une épreuve. Je sais, vous venez d’essayer.

On appréhendait beaucoup cet examen. On avait carrément la trouille. Petit pipi stress, comme avant de monter sur scène. Chez nous, c’est un grand classique.

Sophie avait pris un calmant et demandé à deux amis de nous envoyer du Reiki à distance. Il paraît que l’examen peut être très désagréable. Elle est donc arrivée dans la salle en prévenant tout le monde :

« Il va y avoir du drama. Je vais sûrement pleurer, chanter, vous broyer la main… mais je sais pourquoi je suis là, alors on y va. » Weirdo, désolé, moi je vis avec.

Au moins, l’équipe médicale était prévenue. Je ne sais toujours pas si c’est l'énergie des copains, le calmant ou le fait de chanter Éclipse en avant-première à toute la salle d’examen, mais finalement, il y a eu très peu de douleur. Sophie chantait Ma part d’ombre en boucle. Drôle de résonance, quand on y pense.

Moi, j’étais concentré sur l’essentiel : notre respiration. Inspirer. Expirer. Encore.

Parce que je le sais bien, moi : quand tout déborde là-haut, le souffle aide parfois à ramener un peu de calme ici. Puis le verdict est tombé. Une trompe semblait très abîmée. Il faudrait probablement l’enlever. L’autre était peut-être réparable, mais elle aussi semblait bien abîmée. Aucune certitude. Et puis cette phrase : « Ça risque d’être compliqué d’avoir un bébé naturellement. »

Il fallait m’opérer. Explorer. Essayer de réparer. Nettoyer.

Sous anesthésie générale. Et prévoir minimum trois semaines sans concert après l’opération.

Je me suis noué. Littéralement. Pour une fois, l’expression n’était pas une métaphore.

Notre rêve d’enfant s’effondrait. Pourquoi nous ? Et puis, presque aussitôt : Pourquoi pas nous ? Il y avait bien sûr d’autres chemins possibles. D’autres solutions. Mais parfois, savoir qu’il existe un plan B n’empêche pas d’avoir mal au plan A.

Et au milieu de tout ça, il y avait Éclipse. La release party déjà annoncée aux Étoiles, à Paris, le 6 novembre. Vous savez, cet album où Sophie raconte qu’il faut apprendre à apprivoiser ses parts d’ombre, les accepter et essayer de les transformer en lumière ?

Eh bien, visiblement, la vie avait décidé de vérifier qu’elle avait bien compris son propre concept. Timing impeccable. Sophie s’en est voulu d’avoir écrit, quelques années plus tôt, Je t’attends, une chanson sur l’attente d’un enfant qui ne venait pas.

Ce n’était pas son histoire. Jusqu’à ce qu’une peur irrationnelle s’installe : et si, à force de l’avoir incarnée, elle avait fini par l’appeler à elle ?

Quand on a peur, mes amis les cœurs, on cherche parfois des explications dans des endroits où il n’y en a probablement pas. Puis Éclipse est sorti. Et on s’est raccrochés à la lumière.

Comme à un mantra. Il y a eu cette belle date parisienne. Puis la tournée d’interviews. De belles opportunités qui se confirmaient. Et pendant ce temps-là, à l’intérieur, moi, je faisais des montagnes russes. Jusqu’à ce que ça reste trop longtemps en bas.

Et moi, je ne sais pas mentir. Quand quelque chose ne va pas, je le dis. D’abord j'envoie quelques signaux : un nœud, une boule, une petite brûlure. Et si Sophie fait l'autruche, je hausse le ton : je me serre, je brûle, je me tords. Parfois très fort. Pas pour lui faire du mal. Juste pour qu’elle s’arrête enfin et prenne soin de nous.

Alors elle a fait une valise pour cinq jours seule à Paris.

On avait besoin de respirer. De solitude. De silence. De comprendre. D’écrire.

Peut-être même de faire le deuil de l’idée que ce bébé tant attendu arriverait comme on l’avait imaginé. Elle a raconté à sa grand-maman, qui n’est plus de ce monde. Elle lui a demandé de veiller sur nous. Et puis, un matin, au détour d’une rue, une librairie chinoise.

Évidemment, elle est entrée. Et évidemment, elle est tombée sur un oracle : Le Silence des Âmes. Elle a hésité. Des oracles, elle en avait déjà plusieurs. À ce stade, si l’Univers avait quelque chose à lui dire, il avait l’embarras du choix.

Elle a tiré une carte. Dans les noms censés appartenir à sa lignée, un prénom : Wolfgang.

Le prénom de son grand-père. Puis, parmi les dates importantes indiquées dans le jeu : 20 novembre. La date de mon opération. Et là, quelque chose s’est détendu en moi. Comme cette sensation étrange, mais rassurante, que tout allait peut-être bien se passer.

Bon. L’oracle est reparti avec nous.

Le soir, dans son lit, Sophie est allée voir le compte Instagram de sa créatrice. Son dernier post parlait de la nouvelle lune du 20 novembre.

À 7h47, la lune entrait en Scorpion : on plonge, on regarde ce qui est caché.

À 11h25, elle passait en Sagittaire : on ressort, on avance, on change de perspective.

Sophie avait rendez-vous à la clinique à 8 heures. L’opération devait se terminer autour de 11h30. Je vous laisse en faire ce que vous voulez.

Hasard ? Sychronicité ? Ou simplement une femme terrifiée qui avait besoin de s’accrocher à quelque chose ? Sophie, elle, y a vu une petite lumière. Et à ce moment-là, elle prenait toutes celles qui voulaient bien s'allumer.

Le 20 novembre, à 8 heures du matin, nous étions à la clinique. Puis est venu le moment d’entrer au bloc. Il était temps d’y aller. Elle a fait un bisou à Sim, qui essayait de cacher son inquiétude. Mais les émotions des gens qu’elle aime, je les ressens aussi. 

On nous a fait glisser du brancard à un autre comme un plat sur un passe-plat. Il ne manquait plus que quelqu’un crie « Service ! ». Comme quoi, les années d’École Hôtelière de Sophie finissent toujours par servir.

Et de l’autre côté : une salle aseptisée, des lumières blanches, des machines et une ribambelle de personnes en blouse et charlotte qui s’affairaient autour de nous. Et le visage familier d'Alexia. La voir nous a tout de suite rassurés.

Juste avant que l’anesthésie ne nous emporte, j’ai entendu Sophie dire aux chirurgiens : « Bonne chance à tous ! » Je vous rappelle que c’était elle qu’on allait opérer. Mais bon. L’intervention devait durer environ deux heures et demie.

Moi, je m’étais donc préparé à une longue intrusion dans mon intimité. Des outils, une caméra… tout ce petit monde est entré chez moi par deux portes et par le nombril. J’ai laissé faire. 

Et puis, à peine 45 minutes plus tard, Alexia appelait Sim. Tout était OK. Mes trompes allaient bien. Le coupable ? Mon colocataire, l’intestin, qui avait décidé de prendre un peu trop de place et de bloquer le passage. C’est rare.

Magie ? Miracle ? Coup de bol ? Allez savoir.

Les prières à Grand-Maman ? La « lettre à mon corps » que Sophie nous avait écrite ? La librairie chinoise ? Je n’en sais rien. Je suis un ventre, pas un oracle. Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, mes trois cicatrices sont toujours là. Et derrière elles, Baby Love.

Il y a un an, on entrait dans cette clinique avec la peur que ce bébé tant attendu ne puisse peut-être jamais arriver. Dans quelques semaines, on devrait en ressortir avec Baby Love dans nos bras. 

Alors non, je n’ai pas envie d’effacer mes cicatrices. Elles me rappellent surtout qu’au milieu de l’histoire, on n’en connaît pas encore la fin.

Et peut-être que c’est ça que j’avais envie de vous confier aujourd’hui, mes amis les cœurs.

Quand on traverse l’ombre, on a parfois l’impression qu’elle va durer toujours.

Et pourtant, la lumière finit toujours par revenir. Pas forcément là où on l’attend. Pas forcément comme on l’avait imaginée. Alors on s’accroche à ce qu’on peut : une chanson, une prière, une coccinelle.

Et un jour, presque sans prévenir, quelque chose se rallume.

Chez nous…la lumière donne des coups de pied dans mon nombril.

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un ventre #5

À huit mois de grossesse, Baby Love est censé commencer à manquer de place. Visiblement, cela ne l’empêche pas de transformer plusieurs fois par jour mon ventre en véritable dancefloor avec une préférence marquée pour les répétitions à 4h du matin.

Entre vagues sous la peau, hoquet, formes géométriques improbables et silence total dès qu’un spectateur pose la main, cette nouvelle chronique raconte aussi quelque chose de plus tendre : cette étrange et magique façon de communiquer avec un petit être que l’on n’a pas encore rencontré… mais dont on sent déjà tellement la présence.

Insomnie. Comme Sophie, quand je n’arrive pas à dormir, j’écris.

Il paraît qu’à huit mois, Baby Love devrait commencer à manquer de place. Plus il grandit, plus son terrain de jeu rétrécit. Logiquement, ses acrobaties devraient donc se calmer. Logiquement. Baby Love n’a visiblement pas reçu le mémo.

Moi qui pensais terminer ma carrière tranquillement comme maison d’hôtes, je viens officiellement d’être reconverti en dancefloor.

Et pas le petit bar lounge où l’on balance doucement la tête sur un fond de jazz. Non.

Ici, on est plutôt sur une programmation expérimentale : coup de pied à droite, déhanché à gauche, roulade, retournement complet, bosse qui apparaît sans prévenir et chorégraphie contemporaine contre mes parois.

Le tout sans réservation et, surtout, sans horaire de fermeture. La direction décline toute responsabilité. Il faut dire que j’avais déjà une petite expérience dans le domaine.

Quand Sophie vivait à Shanghai, elle m’emmenait deux fois par semaine à ses cours de danse orientale. À l’époque, elle mobilisait consciencieusement tous mes muscles pour essayer de me transformer en vague. Aujourd’hui, je fais les vagues tout seul.

Enfin… Baby Love s’en charge.

Et comme un duo sur la chanson Shanghai avec un artiste chinois sort justement aujourd’hui, je soupçonne mon colocataire de répéter déjà la chorégraphie. Conscience professionnelle précoce. Le problème, c’est l’horaire des répétitions.

Sophie avait pourtant fini par inscrire « grasse mat’ » dans son agenda. Pour mesurer la portée de l’événement, sachez que son planning ressemble généralement davantage au déroulé minute par minute d’un sommet international qu’à celui d’un être humain normalement constitué.

Donc forcément, cette nuit-là : 4h du matin. Ouverture du club. Tout est silencieux. Simon dort paisiblement. Sophie essaie de se convaincre qu’elle va se rendormir. 

Et là : Eh oh. Je suis là.

Une jambe. Un coude. Un mouvement non identifié. Puis soudain, je deviens carré. Oui, carré.

Un soir, Sophie a même fait remarquer à Sim qu’avec un peu d’entraînement, je pourrais bientôt servir de plateau pour lui apporter une bière. Ravi de voir qu’on pense déjà à ma reconversion professionnelle.

Baby Love possède aussi un talent particulier pour choisir le moment le moins approprié pour lancer la soirée.

L’autre jour, Sophie devait écouter très attentivement une chanson particulièrement mélancolique d’un artiste avec qui elle travaille. Ambiance feutrée. Visages sérieux. On analyse le texte. L’émotion. L’interprétation. Les silences.

Personne ne le voit évidemment, mais à l’intérieur : Ibiza.

Roulade sous les côtes. Coup de pied. Vague à droite. Reprise du refrain avec option trampoline. Sophie conserve son visage professionnel pendant que moi, sous son pull, je fais littéralement la chenille. Le contraste est assez remarquable.

Et puis il y a le phénomène inverse.

— Attends, Baby Love bouge énormément, mets ta main !

Son amie Angélique pose sa main sur moi. Plus rien. Silence radio. Le club ferme instantanément. Parfois Baby Love daigne faire un petit mouvement, histoire de ne pas mettre sa Maman dans l'embarras.

Sinon, il reste le hoquet. Deux ou trois fois par jour. Et là, il ne peut plus faire semblant de dormir.

Je vous rappelle quand même qu’à la base, moi, j’héberge principalement quelques organes, des muscles et les différents festins de Sophie.

Et maintenant, j’abrite aussi un petit être humain qui a le hoquet.

Et puis il y a mon nombril. Normalement, il est plutôt joli, discret, avec son petit grain de beauté juste à côté, presque sexy, si j’ose dire. En ce moment, il a décidé de ressortir complètement. Disons que ce n’est pas exactement ma période la plus glamour. Alors entre le nombril qui pointe, les bosses qui apparaissent d’un côté, les vagues qui traversent ma surface et les formes géométriques improvisées, Sophie a parfois quelques secondes de bug en me regardant. I l y a quelqu’un là-dedans. Quelqu’un qui dort, bouge, réagit, s’étire.

Deux cœurs qui battent dans un seul corps. Et peu importe où Sophie va, elle n’est jamais vraiment seule.

Ils sont deux. Sim et elle peuvent passer vingt minutes le soir simplement à me regarder bouger. J’avoue, j’aime ce moment où, je suis incontestablement la star du spectacle. Mais à force d’assister à toutes ces performances, une question commence sérieusement à les travailler :

est-ce qu’un bébé qui transforme son ventre en boîte de nuit plusieurs fois par jour sera tout aussi remuant une fois dehors ?

Est-ce qu’il existe vraiment un lien entre la façon dont un bébé bouge pendant la grossesse et son caractère après la naissance ? Parce que si oui, on aimerait peut-être commencer à se préparer psychologiquement.

Les mamans expérimentées, on attend vos témoignages.

Certaines mamans lui ont d’ailleurs confié qu'après l’accouchement, ne plus sentir leur bébé bouger dans leur ventre leur avait énormément donné un blues total. 

Sophie était un peu dubitative. Maintenant, elle commence à comprendre.

Il y a quelque chose d’assez magique dans cette manière de communiquer sans un mot. Ce lien qui existe déjà, alors qu’ils ne se sont encore jamais vraiment rencontrés.

Même si, soyons clairs, le créneau de 4h du matin pourrait être renégocié.

Avant d’entamer cette dernière ligne droite du 3e trimestre, nous avons eu une séance très intéressante avec la nutritionniste de confiance Lucie Pillard, histoire de vérifier que je continue et moi seul, si possible, à gonfler dans des proportions raisonnables.

Plusieurs mamans déjà passées par là ont affirmé à Sophie: «moi, c’est à la fin que j’ai tout pris. » Merci. Vraiment. Information extrêmement apaisante.

Et puis il y a eu Carol, qui lui a raconté qu’après 30 kilos, elle avait tout simplement arrêté de se peser. Au sixième mois. Sophie s’est imaginée arriver au terme en montgolfière humaine.

On adore les témoignages rassurants. Les vacances sont terminées et nous sommes enfin un peu moins sur la route, au moins jusqu’à l’Avant-Première de samedi.

Donc aujourd’hui : opération ravitaillement.

Légumes. Brocolis. Légumineuses.

On va tester une théorie.

Si Baby Love reçoit davantage de brocolis et un peu moins de Nutella (le pot est vide et interdiction d'en racheter), peut-être que sa programmation musicale passera naturellement de Rooftop à Wrong train (si tu n'as pas la ref, rendez-vous sur spotify). Et que tout le monde dormira un peu. On peut rêver.

De toute façon, les conseils reçus en fin de grossesse sont limpides :

« Profite pour dormir maintenant ! »

Comme si Sophie pouvait déposer vingt heures de sommeil sur un compte épargne et venir les retirer tranquillement dans trois mois.

Mais finalement… Je crois qu’on l’aime bien, ce dancefloor.

Parce que bientôt, mon coloc va déménager.

Il continuera à manifester sa présence, probablement beaucoup plus bruyamment. Mais plus jamais exactement comme ça. Et puis finalement, on l'a tellement attendu ce Baby Love. Alors peut-être que ses danses perpétuelles sont simplement sa manière à lui de nous dire :

Je suis vraiment là.

Alors même à 4h du matin, quand le club ouvre sans autorisation, Sophie pose sa main sur moi. Et elle profite.

Les autres ventres de mamans, dites-moi : chez vous aussi, c’était disco dès que tout le monde voulait dormir ? Silence total dès qu’un spectateur posait la main ? Et surtout… est-ce que ces mouvements vous ont vraiment manqué une fois votre petit colocataire parti ?

 

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un ventre #4

Choisir un prénom, c’est donner à quelqu’un qui n’a absolument rien demandé un mot qu’il devra potentiellement entendre, écrire, épeler et assumer pendant environ 90 ans. Pas de pression. Entre livres de prénoms improbables, négociations familiales, significations, superstitions et grand jeu-concours « Devinez le prénom de Baby Love », le ventre observe Sophie et Simon tenter de mener à bien l’une de leurs missions les plus délicates. Une chose est sûre : le prénom numéro 1 restera encore un peu au chaud…

Bonjour, c’est le ventre.

Aujourd’hui, j’ai réalisé quelque chose d’assez vertigineux : So & Sim (pour les intimes) vont devoir donner un prénom à quelqu’un qui n’a absolument rien demandé.

Un mot que Baby Love va potentiellement devoir entendre, écrire, épeler et assumer pendant environ 90 ans.

Pas de pression.

Moi, je fabrique actuellement des organes, des os, des petits doigts… et pourtant, je trouve que c’est EUX qui ont la mission la plus dangereuse.

Parce qu’un foie, normalement, personne ne se moque de lui dans la cour d’école.

Un prénom…

Vous avez entendu parler de l’histoire de Lara Clette ?

Parce que oui.

En Belgique, une famille du nom de Clette a réellement appelé sa fille Lara.

Lara. Clette.

Raclette.

True story.

Apparemment, les parents n’auraient réalisé le jeu de mots qu’après la naissance. Voilà.

Depuis que je sais ça, je réclame officiellement que chaque prénom soit testé à voix haute avec le nom de famille, minimum quinze fois, à jeun et en présence d’un tiers. Bon, cette dernière condition, ils l’ont refusé.

Parce qu’il faut penser à tout.

Le prénom.

Le nom.

Les initiales.

Les diminutifs.

Les rimes douteuses.

Et surtout : ce qu’un enfant de neuf ans inspiré pourra réussir à en faire dans une cour de récréation.

Heureusement, même l’état civil veille au grain : en Suisse, un prénom peut être refusé s’il porte manifestement préjudice aux intérêts de l’enfant. Baby love (qui fait la taille d'un choux chinois cette semaine) a la chance de naître ici.

Donc non, chers parents, nous n’avons pas totalement les pleins pouvoirs.

Et quelque part, c’est rassurant.

Lynda Lemay nous avait prévenus avec sa chanson Alphonse, qui commence en expliquant que s’il s’appelle comme ça, ce n’est pas sa faute : ce sont ses parents qui lui ont fait le coup.

Ici, l’objectif est donc très clair : éviter que Baby Love écrive la même chanson dans vingt ans.

Surtout qu’avec deux musiciens comme parents, le risque qu’il ou elle règle ses comptes en musique est franchement plus élevé que la moyenne.

Premier single : "Pourquoi vous m’avez fait ça ?"

Produit par Papillon Prod.

Non merci.

Alors ici, on a fait les choses sérieusement.

Nat, la sœur de Sophie, leur a prêté un livre de prénoms.

Et ils ont décidé de les passer en revue.

TOUS.

Simon lisait. Sophie répondait :

« Non. » « Non. » « Non. » « J’aime bien. »

Et à chaque « j’aime bien », ouverture officielle des négociations. Origine ? Signification ? Ça sonne comment avec le nom de famille ? Est-ce que ça va à un bébé ? À un adulte ? À quelqu’un de 80 ans ? Sur une carte de visite ? Sur une affiche de concert ?

Bref, on ne cherchait plus un prénom. On recrutait quelqu’un pour les 90 prochaines années.

Et puis ils sont arrivés dans une zone du livre où, manifestement, nos ancêtres avaient beaucoup moins peur qu’eux du jugement des autres.

Godegisele. Salaberge. Marcatrude.

J’avais mal tellement So pleurait de rire.

Sim a immédiatement partagé ses découvertes avec son frère Vincent et Clem, qui attendaient eux aussi un Baby Love.

Vincent a d’abord jeté son dévolu sur « Ultrogothe ».

— Non, c’est le nôtre !!, a immédiatement protesté Sim.

Il a donc fallu trouver une solution diplomatique :

« Alors pour les différencier, je propose Ultrovisigothe et Ultrostrogothe. »

Sim a poussé la réflexion un peu plus loin : « Moi je vote pour un nom composé : Burgondofare Plectrude Loretan. »

Et là, Vincent : « Plectrude, c’est un coup de cœur ❤️ »

Depuis, le Baby Love de Vincent et Clem est né. Et rassurez-vous : ils lui ont donné un très joli prénom que tout le monde aime. Ce qui, finalement, ne nous arrange pas du tout. Parce que maintenant, non seulement il faut trouver le prénom de notre Baby Love… mais il faut aussi être à la hauteur de sa cousine. Deux fois plus de pression.

Et après, on s’étonne qu’ils préfèrent garder le nom secret.

J’ai quand même réclamé une place dans le comité.

Après tout, on dit bien : « Je le sens dans mon ventre. » « Je le sens dans mes tripes. » « J’ai une intuition. »

Alors si quelqu’un devait être compétent pour savoir si on le sent, ce prénom, franchement, c’était moi.

On a donc instauré un système démocratique avec Baby Love.

Simon prononce le prénom.

Sophie donne son avis.

Moi, je centralise les émotions.

Et Baby Love vote à coups de pied.

Le seul problème, c’est qu’on ne sait toujours pas si un grand coup dans les côtes signifie : « J’ADORE ! » ou :« Par pitié, rendez le livre à Tata Nat. »

Notre démocratie a ses limites. Et puis il y a les significations. Important pour So & Sim.

Parce qu’un prénom, est-ce que ça raconte déjà quelque chose de nous ?

Est-ce qu’on choisit uniquement un son qu’on aime ? Ou une histoire ? Une origine ?

Une signification ? Une valeur qu’on aimerait transmettre ?

Et puis viennent les superstitions.

Il y a celui qu’on adore mais que portait la pimbêche ou le looser de la cour de récré.

Celui du chien de son cousin.

Où son ex. (On ne dirait pas, mais les coquins en ont chacun quelques-uns) 

Et parfois celui pour lequel on n’a absolument aucune explication rationnelle, à part :

« Je le sens. »

Ah. Encore moi. ;)

Quand ils ont enfin trouvé LE potentiel prénom, ils ont découvert qu’ils n’avaient absolument pas terminé.

Parce qu’après le premier prénom viennent… les 2e et 3e prénoms. Vous en avez ? Vous vous prenez la tête quand même les humains. Moi c'est "le ventre" et pas de débat.

Et là, on quitte le domaine de la poésie pour entrer dans celui de la diplomatie familiale. 

Une grand-mère ? Arrière grand-mère?  Côté Sophie ? Côté Simon ? Et si on met celle-ci, pourquoi pas l’autre ?

Et si on commence à vouloir ne vexer personne…

Et puis il y a Marie. Dans une famille de tradition chrétienne, est-ce important de mettre Marie comme symbole de protection ? De tradition ? 

Côté Sophie, certains hommes le portent aussi. 

Son frère Sophie s’appelle : Ludovic Wolfgang Serge Marie.

Oui. Tout ça.

À ce stade-là, c’est un générique de film. Un titre de noblesse avec blason familial… ou le nom du réalisateur qui vient chercher sa Palme d’or en haut des marches de Cannes.

Et encore, les parents de Sophie & Ludo ont été sympas : ils n’ont pas ajouté « de Quay », le nom de famille de Carol. Sinon, avec Ludovic Wolfgang Serge Marie Loretan de Quay…, on était officiellement fichés aristos.

Sophie et Simon aiment profondément leurs familles, mais ils ne sont pas forcément convaincus par le concept du prénom à tiroirs.

Pas très envie non plus de finir avec un système digne de certaines traditions ibériques, où tu t’es endormi avant même qu’on ait fini de prononcer ton nom complet.

Ils ont pris une décision : le prénom restera secret jusqu’à la naissance.

Ce qu’ils pensaient être une décision assez simple. Erreur.

Il existe un phénomène fascinant autour des futurs parents.

« Vous avez le prénom ? »

« Oui… »

Et dans leur tête, la suite est assez évidente : s’ils avaient voulu le dire, ils l’auraient dit.

Mais à cet instant précis, une petite étincelle s’allume presque systématiquement dans l’œil de leur interlocuteur.

Ils la connaissent maintenant. C’est l’étincelle qui annonce l’ouverture officielle du :

GRAND JEU-CONCOURS : DEVINEZ LE PRÉNOM DE BABY LOVE.

Sans inscription. Sans règlement. Et surtout, sans que les parents aient demandé à jouer.

« Ça commence par quelle lettre ? » Silence et sourire gêné. « Combien de syllabes ? »

Idem.

« On connait ou c'est original ? » Traduction : vous êtes quand même deux artistes un peu perchés, donc avec vous, tout est possible.

Comme si Jean et Louise avaient autant de chances de sortir du chapeau que Moonlight, Balthazar ou Symphonie.

« Attends, je vais dire des prénoms et regarder vos têtes. »

Ils deviennent des détecteurs de mensonges humain.

Je me demande finalement si on choisit vraiment un prénom. Ou si parfois… c’est lui qui nous trouve. Enfin, ne nous emballons pas trop.

Parce que Sophie et Simon ont décidé d’une dernière règle : ils attendront de voir la tête de Baby Love avant de lui donner définitivement son prénom.

Parce qu’après des mois de listes, de débats, de signes, de coïncidences et d’interrogatoires familiaux… il manquerait plus que Baby Love arrive, qu’ils le regardent et se disent :

« Ah non. En fait, t’as pas du tout une tête de… »

En attendant, moi, je garde le numéro 1 encore un peu bien au chaud. Avec l’aide de mon colocataire, évidemment. Et à tous ceux qui vont continuer à essayer de le deviner : surveillez bien le visage de Sophie et Simon.

Parce que nous deux, ici…on ne dira rien.

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un ventre #3

Je croyais qu'une grossesse, c'était neuf mois en formule « à volonté ».

Quelle naïveté.

Depuis l'arrivée de Baby Love, chaque repas ressemble à un contrôle de sécurité. Le fromage est-il pasteurisé ? Les œufs sont-ils bien cuits ? La salade est-elle lavée au vinaigre blanc ? J'ai découvert que les petits bonheurs changent… et qu'une simple mozzarella peut désormais provoquer une immense émotion.

Pendant que les autres dégustent leur saumon cru avec un petit air coupable, moi, je mange par procuration… en rêvant déjà du premier tartare qui m'attend après l'accouchement.

Bonjour.

Je connais Sophie depuis 36 ans.

J'ai connu les papillons amoureux. Les déménagements qui me nouent. Les fous rires qui me secouent. Les concerts qui me retournent. Les séances de Reiki qui me détendent.

Les Dry January… les soirées « all you can eat & drink » dans les teppanyakis de Shanghai… et les repas de fortune entre deux répètes. Sans oublier cette drôle d'habitude héritée de son enfance en Asie… Ajouter du piment partout. J'ai longtemps cru que c'était normal.

Bref… Sophie est une épicurienne. Une vraie.

Chez nous, un repas, c'est sacré. Le téléphone est interdit à table.

Et si le repas est vraiment mauvais… et que vous avez rendez-vous avec elle le même jour…

Faites-vous porter pâle. Conseil d'ami.

Je croyais avoir tout vu. Puis Baby Love a emménagé.

Ravi, je me voyais déjà passer en formule « à volonté ». Quelle naïveté.

Être la maison d'hôte de Baby Love, c'est accepter un règlement intérieur particulièrement strict. Je découvre qu'on entre plus facilement dans un avion que dans une grossesse.

Il y a quelques mois, Mamita, la grand-maman valaisanne de Sophie, nous invite au restaurant pour fêter mon nouveau colocataire.

— On partage une assiette de viande séchée ?

Le premier refus tombe. Puis arrivent les asperges de saison.

— Excusez-moi… votre mayonnaise est maison ?

Je regarde Mamita. Elle regarde Sophie avec des points d'interrogation dans les yeux.

Puis le serveur. Puis la mayo.

Une mayonnaise peut-elle vraiment être dangereuse ?

— À mon époque, on nous disait surtout de ne pas fumer et de ne pas boire d'alcool… enfin pas plus d'un verre de temps en temps… et c'était tout.

Il faut dire que son gynécologue était valaisan. Et que c'était il y a soixante ans.

À côté de ça, Janelyse, la belle-maman de Sophie, ancienne infirmière…

C'est zéro alcool. Zéro exception. Zéro négociation. Comme quoi…

Même les experts ne sont pas toujours d'accord.

Depuis, chaque repas ressemble à un contrôle de sécurité.

Le fromage est-il pasteurisé ?

Les œufs sont-ils bien cuits ?

La viande est-elle à point ?

La salade est-elle lavée au vinaigre blanc ?

Je croyais être un ventre.

En réalité… Je suis devenu le ministère de la Sécurité alimentaire.

Mais cette grossesse m'a appris une chose. Elle rend un peu philosophe.

Les petits bonheurs changent.

Avant, un bonheur, c'était une soirée au restaurant en amoureux ou entre amis.

Aujourd'hui, c'est entendre un serveur dire :

— « Oui Madame, la mozzarella est pasteurisée. »

Vous n'imaginez pas l'émotion. J'ai envie de le serrer dans les bras. Si seulement j'en avais.

Je n'aurais jamais cru qu'un fromage puisse me rendre aussi heureux.

L'été reste néanmoins une période pleine de défis.

Les poke bowls. Les ceviches. Le rosé. La coupette. Les carpaccios.

Ils me passent tous sous le nez avec une telle insolence…

En ce moment, je suis en vacances avec toute la tribu de Quay.

Immense buffet à volonté. Pour un ventre normal, c'est Disneyland.

Pour moi… C'est un escape game.

Le plus drôle, ce sont les autres. Ils regardent leur assiette.

Puis Sophie. Puis leur assiette. Puis moi.

Et il y en a toujours un pour demander :

— « Alors… tu manges pour deux ou pour trois ? »

Pendant que les autres, la bouche pleine de saumon cru ou de carpaccio, soufflent un petit :

— « Oh… je suis désolé… »

Comme s'ils venaient de commettre un crime.

Un crime qu'ils n'ont absolument pas l'intention d'arrêter.

Grand sourire.

— « Mais non… profitez ! »

Moi aussi, je souris. Je mens. Je mange par procuration.

À chaque bouchée qu'ils prennent, je ferme les yeux.

J'essaie de me rappeler le goût…

Tout en préparant mentalement la liste des festins qui m'attendent dans deux mois.

Sophie, elle, prépare de délicieux mocktails inspirés du livre L'Apéro de la femme enceinte des Éditions Jouvence. Elle trouve des subterfuges quand c'est nécessaire. Comme lorsque nous étions invités chez Guillaume au premier trimestre, alors que presque personne ne savait encore que j'existais.

Elle débarque avec une bouteille de champagne sans alcool.

— Demain, j'ai un concert. Je dois préserver ma voix.

Quelques sourires polis. Personne ne l'a crue. Moi, j'ai trouvé l'excuse brillante.

Il y a quelques jours, Lucie Pilliard, une nutritionniste de confiance, nous a appris à choisir les meilleurs matériaux pour construire la maison de Baby Love.

Depuis, l'assiette de Sophie ressemble de plus en plus à un arc-en-ciel, rempli de tout ce qui peut faire grandir Baby Love, garder sa maman en pleine forme… et, au passage, me faire découvrir plein de nouvelles saveurs.

On entend souvent parler des envies de grossesse les plus improbables. Des cornichons à trois heures du matin. De la glace au ketchup. Du riz au lait.

(Carol avait fait tous les villages de la montagne pour en trouver.)

J'attendais ce moment avec curiosité. Eh bien… Rien de tout ça.

Sophie est finalement assez raisonnable. Enfin… Presque.

Un paquet de Frosties est apparu dans l'armoire. Les céréales de son enfance.

Celles qu'elle n'achète jamais. Puis un pot de Nutella.

— « C'est pour Aurélien, mon filleul. Il vient passer deux jours à la maison. »

Aurélien est venu. Aurélien est reparti.

Le Nutella, lui, est resté. Intact.

Du moins… C'est ce que tout le monde croit.

Parce que c'est moi qui digère.

Et je peux vous confirmer que depuis un mois, une petite cuillère disparaît de temps en temps.

Discrètement. 

Dans un peu moins de deux mois, je quitterai mon poste de maison d'hôte.

Depuis quelque temps, j'entends circuler de drôles de rumeurs.

On parle d'allaitement. De coliques. D'aliments à éviter. D'aliments qui changeraient le goût du lait. De fenouil. 

J'ai comme l'impression que je ne serai pas totalement sorti de l'auberge et que Madame la Poitrine va se retrouver sous les projecteurs du jour au lendemain.

En attendant la passation de pouvoir…Je continue de manger par procuration. Et de me réjouir. Parce que Simon a déjà reçu une consigne très précise.

Le jour de l'accouchement il doit passer commande : 300 gr de tartare de bœuf de la boucherie Del Genio. Sophie a été très claire. Elle ne partagera avec personne. 

Après neuf mois de frustration… les négociations sont closes.

Et vous… quel aliment vous a le plus manqué pendant votre grossesse ? Ou quelle a été votre envie la plus improbable ? Mon ventre attend vos réponses avec impatience… il paraît qu'il est désormais en correspondance avec beaucoup d'autres ventres.

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un Ventre #2

Il suffit que j'apparaisse quelques secondes pour transformer certains humains en experts internationaux de la grossesse. Garçon, fille, jumeaux, date d'accouchement… tout le monde a un avis. Dans cette deuxième Chronique d'un ventre, je vous raconte ces rencontres aussi drôles qu'attendrissantes avec les grands devins de la grossesse.

Bonjour.

Cette semaine, j'ai découvert l'un de mes nouveaux super-pouvoirs.

Il suffit que j'apparaisse quelques secondes pour transformer une partie des humains en experts internationaux de la grossesse.

Certains lisent l'avenir dans le marc de café. D'autres dans les cartes Les plus audacieux le lisent directement sur les ventres. Et je dois reconnaître qu'ils ont une imagination débordante.

Tout a commencé bien avant que je devienne rond. À cette époque, je n'étais encore qu'un tout petit secret. Une ligne rouge sur un test de grossesse, beaucoup d'espoir… et ce principe qu'appliquent de nombreux futurs parents : attendre les examens des trois mois avant de partager la nouvelle.

Six semaines plus tard, j'étais toujours incognito et elle présentait Éclipse au Montreux Jazz Club Millennium à Crissier.

Au début, bien décidé à bouleverser un peu le programme de Sophie, j'avoue que je lui ai un peu fait la misère. Quelques nausées matinales par-ci, quelques envies intempestives de sieste par-là… J'avais besoin qu'elle ralentisse un peu. Oups… mea culpa.

Ce soir-là, une femme s'est approchée de Carol, sa maman, et lui a soufflé :

— Ta fille est enceinte.

Carol était au courant depuis cinq jours à peine et savait combien ce secret était précieux.

Usant de son talent de comédienne, elle lui a répondu, le plus naturellement du monde :

— Pas du tout.

La dame n'a pas hésité une seconde.

— Si, si… mais c'est possible qu'elle ne le sache pas encore.

Je dois reconnaître que celle-là était plutôt bien envoyée.

À ce moment-là, Baby Love était à peine plus grand qu'une myrtille… et pourtant certains me devinaient déjà. Moi qui faisais pourtant tout mon possible pour rester discret.

Depuis, j'ai compris que ce n'était que le début. Dès qu'un ventre apparaît, les prophéties commencent.

"C'est un garçon, j'en suis certaine."

"Non, regarde comme il est rond, c'est une fille."

"Il doit y en avoir deux..."

"Début septembre ? Une Vierge, c'est sûr."

"Ils ne vont jamais te laisser monter dans l'avion sans certificat médical. On dirait que tu vas accoucher demain."

Moi, apparemment, je suis porté assez bas. Ça, c'est typique des garçons.

Puis quelqu'un d'autre me trouve bien rond, bien enveloppant.

Ça, paraît-il, c'est typique des filles.

Après le duo de Sophie avec Hélène Ségara, Hélène m'a pris dans ses bras avec beaucoup de tendresse. Si j'avais eu des joues, elles seraient devenues écarlates.

Elle a annoncé avec une assurance désarmante :

— C'est une fille !

Avant même que Sophie ait le temps de répondre, deux énormes parts de gâteau avaient déjà atterri dans son assiette.

Hélène avait tranché : on mangeait pour deux.

À ce stade, selon les spécialistes que nous avons rencontrés, je suis donc…

un garçon, une fille, et peut-être même des jumeaux.

Trois médiums ont également tenté leur chance. Le plus drôle ? Ils n'étaient pas d'accord entre eux.

Mais les humains ne s'arrêtent jamais au sexe du bébé. Ils prédisent aussi son caractère.

"Avec des parents musiciens, il fera forcément de la musique."

"Il bouge beaucoup ? Ce sera un hyperactif… regarde ses parents !"

"Ouh là… ça va être une sacrée coquine !"

Puis viennent les prédictions pour Sophie.

"Tu vas prendre beaucoup de poids."

"Tes jambes vont devenir très lourdes."

"Avec cette chaleur, tu vas souffrir."

"À ce stade, moi j'étais déjà alitée."

"Votre concert du 12 septembre ? Vous ne pourrez jamais le faire."

Tu vas…

Tu dois…

Tu ne pourras pas…

Pauvre Sophie. À force d'entendre toutes ces certitudes, même moi, j'ai parfois quelques remontées acides. Alors je respire. Je me gonfle doucement. Je redescends tout aussi doucement. Histoire que les inquiétudes ne prennent jamais plus de place que moi.

Heureusement, Sophie a une qualité que j'admire : elle écoute tout le monde. Puis elle écoute surtout son corps.

On avance un jour après l'autre. On fait confiance à Alexia, notre gynécologue bienveillante.

Et on continue de vivre. Enfin… Je dois quand même vous faire une confidence.

Au début, je me moquais un peu des grands prophètes du troisième trimestre.

Je les trouvais légèrement dramatiques. Aujourd'hui… Je reconnais que je m'étale un peu plus que prévu. Me retourner dans le lit est devenu une chorégraphie. Le coussin de grossesse est devenu mon new best friend.

Mettre des chaussures ressemble parfois à une épreuve olympique. Et retrouver mon souffle après un chemin qui monte mérite presque une médaille.

Bon… ils n'avaient peut-être pas totalement tort. Ils avaient simplement oublié qu'on peut avancer un peu moins vite… tout en continuant à vivre pleinement.

La preuve ? Ce matin, nous avons pris l'avion. À écouter les grands devins, vu ma taille, le certificat médical était presque plus indispensable que la carte d'identité. Sophie en a donc demandé un à Alexia, histoire d'éviter de regarder l'avion décoller depuis le tarmac.

Résultat ? Il est resté bien plié dans son sac. Moi, j'ai embarqué sans le moindre problème. Même la ceinture de sécurité a fini par trouver sa place.

En revanche, les bas de contention en pleine canicule… disons que mes copines les jambes ont connu des vacances plus glamour.

Simon, lui, s'occupait des valises pendant que Sophie avançait tranquillement, en mode priorité.

Finalement, je crois que je préfère une autre façon de voir l'avenir.

Ne pas le prédire. Le vivre.

Parce qu'au fond, aujourd'hui est déjà une sacrée aventure.

À très vite,

Le ventre

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com

Lire la suite
Chroniques d'un ventre Sophie de Quay Chroniques d'un ventre Sophie de Quay

Chroniques d’un ventre #1

Depuis que Baby Love grandit en moi, j’ai la drôle d’impression de ne plus être le personnage principal quand j’entre dans une pièce.��Mon ventre m’a volé la vedette… et je crois qu’il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j’ai décidé de lui laisser une rubrique dans ma newsletter.
Bienvenue dans les Chroniques d’un ventre.

Depuis que Baby Love grandit en moi, j'ai la drôle d'impression de ne plus être le personnage principal quand j'entre dans une pièce.

Mon ventre m'a volé la vedette… et je crois qu'il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j'ai décidé de lui laisser une rubrique.


Bienvenue dans les Chroniques d'un ventre.

CHRONIQUES D'UN VENTRE #1 — Drôle de célébrité

Bonjour.

Je m'appelle… enfin, on ne m'appelle pas vraiment. On me regarde. On me touche. On me complimente. On me devine. On me parle même parfois.

Je suis même devenu le premier à être salué quand nous entrons dans une pièce.

Bon… j'avoue, il m'arrive encore d'être un peu jaloux. Madame la poitrine a décidé de profiter de la situation, elle aussi et réussi parfois à me voler la vedette. Mais soyons honnêtes, la plupart du temps, c'est moi qui remporte le concours de popularité.

Avant, personne ne faisait attention à moi. Sophie avait même tendance à me rentrer discrètement sur les photos. Et puis, sans prévenir, me voilà au centre de toutes les conversations.

Il faut dire que je fais plutôt bien mon travail : je construis la première maison de Baby Love.

Depuis 29 semaines, j'observe les humains. Ils sont fascinants. Certains essaient de deviner depuis combien de temps j'héberge Baby Love. D'autres sont persuadés de connaître son sexe simplement en observant ma forme. Certains me parlent avec une toute petite voix. D'autres me caressent comme si je portais chance. Je crois qu'ils oublient parfois que Sophie est toujours de l'autre côté.

J'ai même remarqué un phénomène étonnant. Il suffit que j'apparaisse pour que des inconnues racontent à Sophie leur grossesse avec une tendresse infinie, comme si j'avais le pouvoir d'ouvrir une boîte à souvenirs.
Et puis il y a celles qui me regardent avec un petit sourire compatissant et annoncent très sérieusement que je risque d'être recouvert de vergetures. Que mes copines les jambes vont devenir de plus en plus lourdes. Heureusement, Sophie me chouchoute : j'ai droit à mon bain d'huile deux fois par jour. Alors, pour l'instant, je tiens le coup !

Je pensais être un simple ventre. Je découvre que je suis aussi un passeur d'histoires.

Et il faut que je vous fasse une confidence. On dit souvent que les émotions se logent dans le ventre. Alors imaginez un peu ce que c'est que d'être celui d'une hypersensible… en pleine grossesse. Je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos.

Et puis il y a eu Bellarena. Des concerts, j'en ai déjà fait plus de 350 avec Sophie. Mais jamais avec Baby Love comme locataire. Jamais devant près de 9 000 personnes.

Pour l'occasion, le designer Hendrik Vermeulen a imaginé une robe sur mesure pour nous mettre en valeur tous les deux. Il a même dû attendre quatre jours avant le concert pour prendre les mesures. Avant, c'était impossible : je continuais de grandir presque chaque jour.

Je crois que le résultat valait l'attente. Quelques instants avant de monter sur scène, Sophie et Simon ont posé une main sur moi et m'ont murmuré quelques mots. Je ne vous dirai pas lesquels. Il y a des secrets qui restent entre nous.

En revanche, je peux vous dire une chose. Je n'avais jamais senti son cœur battre aussi fort. Comme un feu d'artifice.  

Et Baby Love, lui, a trouvé que c'était le moment idéal pour me transformer en véritable dancefloor. Je crois qu'il avait compris, lui aussi, que nous étions en train de vivre une soirée pas tout à fait comme les autres.

Finalement, pour un simple ventre, je trouve que je mène une vie plutôt extraordinaire.

À très vite,

Le ventre.

Avant qu’il n’atterrisse ici, j’ai imaginé et rédigé ce texte dans mon carnet Eclipse. Si toi aussi tu as des choses à raconter, tu peux obtenir ton espace libre ici, je te l’enverrai dédicacé 😘

Carnet Eclipse Carnet Eclipse
Aperçu rapide
Carnet Eclipse
30.00 CHF

Le carnet officiel de l’album Eclipse, manufacturé par Slow design - Libri Muti

PAIEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE:

Merci de nous contacter par email en nous précisant les produits que vous souhaitez acquérir ainsi que l'adresse de livraison. Nous vous enverrons le montant à régler et dès réception du paiement les produits vous seront livrés.

Pour toute demande concernant les livraisons, écrivez-nous : contact@sophiedequay.com


Lire la suite
Newsletter Sophie de Quay Newsletter Sophie de Quay

✨ Bienvenue dans mes BACKSTAGES 💌

Cap intérieur : on apaise le tourbillon
Pont en construction : apprendre à faire cohabiter l'artiste et la future maman
Étincelle du moment : donner une voix à mon ventre
Horizon chinois : 5 nouveaux mots par jour. À suivre sur mes réseaux. 🇨🇳

Cap intérieur : on apaise le tourbillon
Pont en construction : apprendre à faire cohabiter l'artiste et la future maman
Étincelle du moment : donner une voix à mon ventre
Horizon chinois : 5 nouveaux mots par jour. À suivre sur mes réseaux. 🇨🇳

MES BACKSTAGES 
bienvenue dans les coulisses de ma vie d'artiste

Cher·e toi,

Je t'écris de retour dans notre cocon en Suisse… même si une partie de nous est toujours sur notre nuage.

Depuis notre concert à Bellarena, il s'est passé quelque chose de fou. Plus de 2 500 personnes ont rejoint notre aventure sur les réseaux sociaux. Chaque jour, je reçois des messages qui me touchent profondément. Certains me font sourire, d'autres me donnent les larmes aux yeux. J'ai d'ailleurs commencé à vous en partager un chaque jour en story.

Alors, avant toute chose : merci.

Merci d'avoir chanté avec nous. Merci pour votre bienveillance. Merci d'être de plus en plus nombreux à construire le rêve avec nous. 

Depuis cette soirée, Simon et moi parlons beaucoup de la suite. On imagine, on se projette sur les scènes de nos concerts 2027.

J'ai une question pour toi. 

Si tu pouvais choisir une ville, où aimerais-tu venir nous voir en concert en 2027 ?

Réponds-moi simplement à cet e-mail. Je lis absolument toutes vos réponses, et elles comptent beaucoup dans les décisions que nous prenons.

Depuis Bellarena, nous avons pris la route de Paris pour plusieurs interviews et deux séances photo afin d'immortaliser cette période si particulière de notre vie. 

Nous avons aussi eu le plaisir de donner un concert privé pour Mitsubishi, dont nous sommes fiers d'être les ambassadeurs. Un immense merci à toute l'équipe d'Emil Frey Saint-Légier qui nous accompagne avec tant de confiance. ❤️ Et puis, avouons-le… rouler en Eclipse Cross quand on présente l'album ÉCLIPSE, ça ressemble quand même à un joli clin d'œil du destin. 

Hasard ou synchronicité ? 😉
 

Et puis retour en Suisse pour un rendez-vous que j'aime beaucoup : l'extraction du miel de nos ruches.

Chaque été, les abeilles me rappellent que notre métier d'artiste leur ressemble finalement beaucoup. Derrière un pot de miel comme derrière une chanson de trois minutes, il y a des milliers de petits gestes invisibles, de la patience, de la persévérance et un immense travail collectif. 

Il reste quelques pots de notre miel ÉCLIPSE en édition limitée. 

Une aventure qui a même voyagé jusqu'en Chine, puisqu'un magazine de l'UNESCO m'a récemment consacré un article autour de notre miel, de nos abeilles et de ce rituel familial.

Depuis que Baby Love grandit en moi, j'ai la drôle d'impression de ne plus être le personnage principal quand j'entre dans une pièce.

Mon ventre m'a volé la vedette… et je crois qu'il a beaucoup de choses à vous raconter. Alors j'ai décidé de lui laisser une rubrique.


Bienvenue dans les Chroniques d'un ventre.

CHRONIQUES D'UN VENTRE #1 — Drôle de célébrité

Bonjour.

Je m'appelle… enfin, on ne m'appelle pas vraiment. On me regarde. On me touche. On me complimente. On me devine. On me parle même parfois.

Je suis même devenu le premier à être salué quand nous entrons dans une pièce.

Bon… j'avoue, il m'arrive encore d'être un peu jaloux. Madame la poitrine a décidé de profiter de la situation, elle aussi et réussi parfois à me voler la vedette. Mais soyons honnêtes, la plupart du temps, c'est moi qui remporte le concours de popularité.

Avant, personne ne faisait attention à moi. Sophie avait même tendance à me rentrer discrètement sur les photos. Et puis, sans prévenir, me voilà au centre de toutes les conversations.

Il faut dire que je fais plutôt bien mon travail : je construis la première maison de Baby Love.

Depuis 29 semaines, j'observe les humains. Ils sont fascinants. Certains essaient de deviner depuis combien de temps j'héberge Baby Love. D'autres sont persuadés de connaître son sexe simplement en observant ma forme. Certains me parlent avec une toute petite voix. D'autres me caressent comme si je portais chance. Je crois qu'ils oublient parfois que Sophie est toujours de l'autre côté.

J'ai même remarqué un phénomène étonnant. Il suffit que j'apparaisse pour que des inconnues racontent à Sophie leur grossesse avec une tendresse infinie, comme si j'avais le pouvoir d'ouvrir une boîte à souvenirs.
Et puis il y a celles qui me regardent avec un petit sourire compatissant et annoncent très sérieusement que je risque d'être recouvert de vergetures. Que mes copines les jambes vont devenir de plus en plus lourdes. Heureusement, Sophie me chouchoute : j'ai droit à mon bain d'huile deux fois par jour. Alors, pour l'instant, je tiens le coup !

Je pensais être un simple ventre. Je découvre que je suis aussi un passeur d'histoires.

Et il faut que je vous fasse une confidence. On dit souvent que les émotions se logent dans le ventre. Alors imaginez un peu ce que c'est que d'être celui d'une hypersensible… en pleine grossesse. Je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos.

Et puis il y a eu Bellarena. Des concerts, j'en ai déjà fait plus de 350 avec Sophie. Mais jamais avec Baby Love comme locataire. Jamais devant près de 9 000 personnes.

Pour l'occasion, le designer Hendrik Vermeulen a imaginé une robe sur mesure pour nous mettre en valeur tous les deux. Il a même dû attendre quatre jours avant le concert pour prendre les mesures. Avant, c'était impossible : je continuais de grandir presque chaque jour.

Je crois que le résultat valait l'attente. Quelques instants avant de monter sur scène, Sophie et Simon ont posé une main sur moi et m'ont murmuré quelques mots. Je ne vous dirai pas lesquels. Il y a des secrets qui restent entre nous.

En revanche, je peux vous dire une chose. Je n'avais jamais senti son cœur battre aussi fort. Comme un feu d'artifice.  

Et Baby Love, lui, a trouvé que c'était le moment idéal pour me transformer en véritable dancefloor. Je crois qu'il avait compris, lui aussi, que nous étions en train de vivre une soirée pas tout à fait comme les autres.

Finalement, pour un simple ventre, je trouve que je mène une vie plutôt extraordinaire.

À très vite,

Le ventre.

Avant de te laisser, j'ai encore une jolie surprise à partager avec toi : d'ici dimanche, j'ouvrirai la billetterie de notre prochaine Avant-Première, qui aura lieu cette fois-ci en Valais.

J'ai hâte de vivre ce moment avec toi. Prends soin de toi.

LOVE,
💌 Sophie

Lire la suite
Newsletter Sophie de Quay Newsletter Sophie de Quay

✨ Bienvenue dans mes BACKSTAGES 💌

Cap intérieur : je tremble de trouille... & d'excitation 
Pont en construction : Cette semaine, j'ai envoyé quelques messages qui me tenaient particulièrement à cœur.
Étincelle du moment : Une version pop rock de "Un autre quelqu'un" sort à minuit. 🎸
Horizon chinois : Une nouvelle reprise en mandarin vient d'arriver sur mes réseaux. 

Cap intérieur : je tremble de trouille... & d'excitation 
Pont en construction : Cette semaine, j'ai envoyé quelques messages qui me tenaient particulièrement à cœur.
Étincelle du moment : Une version pop rock de "Un autre quelqu'un" sort à minuit. 🎸
Horizon chinois : Une nouvelle reprise en mandarin vient d'arriver sur mes réseaux. 

MES BACKSTAGES 
bienvenue dans les coulisses de ma vie d'artiste

Cher·e toi,

Comment on gère son trac avant de monter sur scène devant 9'000 personnes ? 
Je t'écris depuis mon lit où je me tourne et me retourne. Le marchand de sable doit être au match.
Insomnie. Chaleur écrasante que j'essaie de combattre avec un ventilateur qui fait autant de bruit que mon invité surprise et invisible : un moustique qui me nargue depuis une bonne demi-heure et qui fait du trampoline sur la seule source de lumière de cette chambre avant de redisparaitre: cet ordi que j'ai rallumé pour essayer de poser mes pensées. Anxiogènes. Rassurantes. J'ai pas encore totalement choisi mon camp. 
Et pour que la fête soit plus belle, Baby Love, a qui j'ai dit que nous allions vivre un grand moment ensemble de trac & de joie, semble s'entrainer avec faire des roulades pour concurrencer nos danseurs. 
Il n'a peut-être pas conscience que samedi, personne ne le verra, bref TOUT VA BIEN ! 

On l'a rêvée, cette grande scène.

Depuis toujours, Simon et moi, on se disait :

« Tu imagines... un jour, peut-être qu'on jouera nos chansons devant des milliers de personnes ? »

Samedi, nous monterons sur scène devant près de 9'000 personnes.

C'est à peu près la capacité de l'Arena de Genève. Plus qu'un Zénith de Paris. Presque cinq Olympia réunis. J'ai encore du mal à y croire.

Ce n'est pas seulement un concert. C'est toutes ces années passées à écrire des chansons, des centaines de concerts dans 20 pays, des kilomètres parcourus, des doutes, des refus, des graines semées, des succès... et cette conviction qu'en travaillant avec passion, les rêves trouvent leur chemin.

Alors samedi, on va monter sur scène avec tout ce qu'on est : notre courage, notre joie, quelques papillons dans le ventre, les tentacules d'Octopus Man... et surtout les chansons de l'album

Derrière le nom Sophie de Quay sur cette affiche, il y a 21 personnes qui préparent notre show dans l'ombre et certains bientôt dans la lumière !
Dont Hendrik Vermeulen, mon designer qui s'est donné un défi : me créer une nouvelle tenue de scène en 4 jours, raison du last minute: le paramètre non négligeable d'un corps qui se transforme au fil des jours.
Hâte de la découvrir quelques heures avant le public!
 
Si tu ne peux pas être présent samedi, envoie nous une petite pensée 🤍

En revanche, si tu seras dans la salle, j'ai une demande un peu particulière.

Je t'explique: quand je débarque sur scène, à chaque concert, je cherche instinctivement les têtes connues. Elles m'apaisent instantanément. La BCF Arena est immense et tu seras tout.e petit.e devant moi mais il y a une astuce.

Si tu portes l'un de nos t-shirts, débardeurs, casquettes ou sweats de nos collections Éclipse, Soleil Intérieur ou Y, je suis presque certaine de te repérer ! 😊 Et si tu n'en as pas encore, tu peux en commander un et venir le récupérer directement au stand merchandising chez Christel avant notre concert.

Il y a des designs pour tous les goûts… et même pour les kids. 

LES NOMADERIES

Les concerts se succèdent et ne se ressemblent pas ! 
La semaine dernière, on a joué nos chansons dans un décor complètement fou : au coucher du soleil au milieu des vignes dans le Lavaux face à une estrade naturelle. Merci Lavaux Vibrations pour cette parenthèse magique (j'ai partagé plein de photos sur mes réseaux.)

Et samedi dernier, avec le public, nous avons bravé la canicule en pleine après-midi à La Fête de la Musique de Lausanne.
Pour être honnête, je n'étais pas sure d'y arriver. J'ai reçu énormément de messages, tous très bienveillants, mais qui me rappelaient aussi de faire très attention avec cette chaleur.

Alors je me suis préparée comme si j'allais partir au combat... contre le soleil. (Assez ironique quand on pense que je vous fais chanter à chaque concert : « C'est ce soleil que je veux. » 😄)

Heureusement, mon équipe est incroyable : on m'a prêté un ventilateur de cou, installé un ventilateur sur scène, offert deux brumisateurs et prévu deux litres d'eau juste à côté de mon micro.

Et grâce à toutes ces attentions et à l'énergie du public... on a vécu un super concert !! 

(Entre deux phrases, je me suis endormie et je termine ma lettre face à la montagne avant d'attaquer l'ultime répète !)

Un ami a défié Octopus Man de sortir une nouvelle version de 

MÊME CHANSON // ENERGIE ROCK 


Alors il s'est enfermé dans son laboratoire & la chanson sort à MINUIT !

Prends soin de toi et pense un peu à nous ! 

LOVE,
💌 Sophie

p.s. si tu es là sa
medi, rendez-vous après notre concert au stand merchandising (il parait qu'il y a des tentes dehors). 

Lire la suite
Newsletter Sophie de Quay Newsletter Sophie de Quay

✨ Ce fil invisible qui nous relie

Une période de transformation, de mémoire et d’espoir… et cette question essentielle : qu’est-ce qui nous relie encore ?

Cap intérieur : le calme après la tempête
Pont en construction : entre mes pensées et ma plume
Étincelle du moment : tenter de nouvelles recettes de Ottolenghi sur mon cobbaye Simon
Horizon chinois : ils fêtent leurs ancêtres ce week-end, je vous en parle

Prochain rendez-vous   

22.04 : aux COEURS DE CRANS, salle Métropole à Lausanne

Cher·e toi,

Je prends enfin le temps de t’écrire depuis mon cocon valaisan, à 1111 mètres d’altitude, avec cette sensation précieuse d’être seule au monde.

C’est l’équilibre fragile que j’ai trouvé. La vie à 100 à l’heure, sur la route, entourée de mille visages et drivé par l’adrénaline… Et ce lieu magique, isolé, la terre de mes ancêtres, où je m’ancre, je crée et je respire avant de repartir de plus belle.

Le temps passe à une vitesse folle. Je réalise que ma dernière lettre date d’il y a un mois… et quel mois. Intense, presque vertigineux. Comme me disait mon papa lorsque nous montions la Gemmi : « le pas du montagnard »  un pas après l’autre. La seule manière d’arriver au bout… et en bon état.

Cette solitude relative (oui, car contre toute attente, nous avons régulièrement de la visite, des âmes courageuses qui bravent les routes étroites et sinueuses pour venir jusqu’à nous) me permet de prendre du recul et de déposer dans mon carnet tout ce qui bouillonne en moi.

Ces derniers mois, en regardant les médias, j’ai eu cette sensation étrange que notre monde était en train d’imploser, de vaciller, de s’écrouler. Entre les conflits qui s’enchaînent, les violences qui se multiplient… et ces drames plus silencieux, plus proches aussi, les féminicides, les injustices, les vies brisées, on sent quelque chose se fissurer. Comme si, par endroits, l’humain perdait le fil. Comme si certaines valeurs profondes s’effaçaient peu à peu. A cette pensée, je sens mon plexus solaire brûler et ce matin, j’ai pris le temps de me poser cette question : 

                                qu’est-ce qui nous relie encore ?

Je me suis connectée à une énergie plus silencieuse. Plus profonde.
Parce qu’en parallèle de ce bruit constant , quelque chose d'invisible se joue. Nous vivons une période spirituelle presque universelle.

Dans ma culture chrétienne, nous sommes à la veille du week-end de Pâques, symbole de renaissance et d’espoir, alors que la communauté juive célèbre Pessa'h, fête de libération et de passage vers une vie nouvelle, et que le Ramadan vient de s’achever, marquant la fin d’un mois de jeûne, de spiritualité et de recentrage. En Chine aussi, ce week-end, on célèbre la fête des ancêtres, Qingming. Je l’ai vécue enfant, chaque année, lorsque je vivais à Singapour, près d’un cimetière. Elle me fascinait profondément, elle a sans doute nourri, très tôt, ma quête autour du lien entre les vivants et les morts.

C’est une période où les familles se recueillent, honorent ceux qui ne sont plus là… et continuent, à leur manière, à faire vivre ce lien invisible entre les générations. On y pratique un véritable culte des ancêtres : on nettoie les tombes, on dépose de la nourriture, des fleurs… et on brûle de l’argent symbolique, des objets, parfois même des maisons ou des voitures en papier, comme des offrandes destinées à accompagner les défunts dans l’au-delà. Par foi, par tradition… ou simplement “au cas où”. 

À différents endroits du monde, dans différentes cultures, quelque chose de commun se joue : une pause. Un retour à l’essentiel. Une transformation intérieure.

Ces rituels me rappellent qu’il existe aussi un mouvement de l'espoir. Celui qui relie. Celui qui apaise. Celui qui transmet.

Comme si, malgré le chaos, l’humanité continuait, discrètement, à prendre soin de l’essentiel.
Quand je pense à mes grands parents, cette résonance est encore plus forte. Peut-être que, d’une certaine manière, tout ce que nous construisons aujourd’hui est aussi une façon d’honorer ceux qui nous ont précédés…
Et de laisser une trace, d'ouvrir un chemin pour ceux qui viendront après ?

Peu importe d’où tu viens, ce en quoi tu crois, ou les rituels qui t’accompagnent… je te souhaite de trouver, dans cette période si particulière, un espace de calme, de sens et de connexion à l’essentiel 🤍

De prendre un instant pour te relier à toi, aux autres, et à ce qui compte vraiment. ✨


Prends soin de toi. LOVE.


                                                        💌 Sophie 

Lire la suite
Newsletter Sophie de Quay Newsletter Sophie de Quay

✨ Ajouter de la vie dans les jours

Entre Paris et la Suisse, ce début d’année m’a rappelé l’essentiel : quand tout vacille, diffuser de l’amour et de la lumière devient un acte vital.
La musique, les rencontres et la création continuent de construire des ponts, en Suisse comme à l’international.
Une nouvelle énergie souffle avec la sortie de Notre Nom en version pop rock et l’ouverture vers la Chine.
Et pour celles et ceux qui en ressentent le besoin, un espace de pause et de clarté s’ouvre avec le workshop Revenir à soi.

Cap intérieur: un début d'année qui rappelle l'importance de diffuser de l'amour & de la lumière

Pont en construction : On emmène Léonard Lasry en Suisse, pour son 1er concert en Suisse le 17.01! 

Étincelle du moment : recueillir les témoignages d'artistes sur la question "y'a-t-il une retraite pour les artistes" (j'ai déjà publié ceux de Pascal Auberson, Frédéric Gérard, Mélanie Freymond, Zazou Haifa sur les réseaux!) 

Horizon chinois : on a signé avec Starsing, le plus gros distributeur chinois!

Prochains rendez-vous : le 17 janvier aux Caves de Versoix & 8 février pour mon workshop "Revenir à soi"

1er concert de l'année en tout intimité avec :
✨Carol de Quay en duo sur "y'a pas de retraite pour les artistes",
✨Stéphanie Sénéchal en duo sur "On danse sous la pluie" &
✨Léonard Lasry en duo sur un titre inédit 

Cher·e toi,

Je t’écris depuis Paris, où j’ai réussi à rejoindre mon appartement malgré les tracteurs qui, apparemment, ont décidé de s’inviter en ville.

Le début de l’année s’est fait dans le silence.
Le 1er au matin, en me réveillant à Crans-Montana, j’étais remplie de belles énergies, de promesses, encore portée par une soirée entourée d’amis et de musique. Puis j’ai allumé mon téléphone. Les dizaines de messages qui défilaient sur l’écran ne me souhaitaient pas une joyeuse année : ils s’inquiétaient de savoir si j’étais en sécurité.

Des messages d’amis d’une autre vie.
Des ex qui ressurgissent du passé.
Inquiets.

J’ai compris que nous faisions face à une tragédie. Irréelle. Le vide s’est installé dans mon corps, suivi d’une angoisse pour mon cousin & mes amis sortis la veille, alors que nous avions choisi de rester bien au chaud à la maison.

Crans-Montana est mon safe place depuis l’enfance. Quand nous revenions en Suisse pour les vacances, c’est là que j’ancrais mes racines. Le lieu refuge. Celui qui restait stable quand nous déménagions de pays en pays, quand je disais au revoir à des amis pour en rencontrer de nouveaux. Ceux de Crans-Montana, eux, étaient toujours là, d’une année à l’autre.

Vont-ils bien ?

L’adorable serveuse qui s’est occupée de nous après notre concert du 25 décembre n’est plus de ce monde. Comment est-ce possible ?

J’ai ressenti ce besoin d’aller sur les lieux. De prier. De serrer fort dans mes bras les gens de la station, désemparés, sans mots. Même les larmes ne viennent pas tant nous sommes anesthésiés.
Et puis, cette solidarité bouleversante, qui redonne foi en l’humain.

Quand les mots me manquent, j’écris. Et en écrivant, j’ai compris que la seule chose que je pouvais faire, dans cette situation, pour garder la tête hors de l’eau, pour me sentir utile, était de diffuser de l’amour et de la lumière. Et de continuer à vivre. Vraiment. Alors, avec Sim, on s'est mis au piano et on s'est filmés chantant "Si une chanson" de Florent Pagny. Nous l’avons partagé sur les réseaux, avec l’espoir modeste d’alléger, ne serait-ce qu’un instant, la douleur. Une femme m’a écrit pour me remercier, et m’a demandé si cette vidéo pouvait accompagner un moment d’adieu. Quand tout vacille, je continue de croire à la force des gestes simples.
Une chanson. Une présence. Un sourire. 

J’ai été profondément touchée par le témoignage des jeunes lors de la cérémonie. Une phrase a résonné très fort en moi :
« On ne peut pas ajouter de jours à la vie, mais on peut ajouter de la vie dans les jours. »

Alors, comme disait Grand-Maman, "on avance".
Et l'entre en 2026 avec cette phrase comme guide.

Je vous souhaite une année remplie de vie, de rires et d’amour.
Que les projets qui vous tiennent à cœur prennent naissance, se réalisent, et viennent donner du sens à nos vies si fragiles. Et à toutes celles et ceux qui ont été particulièrement touchés par cette tragédie, de près ou de loin, je pense à vous.

⚡️ C’est POP.
⚡️ C’est ROCK.
⚡️ C’est une nouvelle version de “NOTRE NOM”.

Le Pop Rock Remix sort ce vendredi 
👉 PRESAVE maintenant pour l’avoir directement dans ta playlist dès la sortie 💫

Chaque clic pour PRESAVE ce titre nous emmène plus loin.
On compte sur vous 🤍

🌿 Workshop — Revenir à soi

Clarifier ce qui compte vraiment

Ce workshop est né d’un besoin personnel.
Celui de m’arrêter, d’écouter, de trouver le sens dans ce monde de fou, de reconnaître les blocages, de faire le point sur ce qui est essentiel dans ma vie et de mettre en place ce qu'il faut pour réaliser mes rêves. 

Le 8 février, j’ai voulu créer un espace pour cela : une journée pour ralentir, écouter son corps, accueillir ses émotions et clarifier ce qui compte vraiment.

Avec mon amie Dallal, médecin formée à l’ACT, nous proposons une approche à la fois scientifique, corporelle, émotionnelle et créative, dans un cadre intime, sécurisant et bienveillant.

✨ 10 places uniquement
🎁 Tarif préférentiel pour les 3 premières inscriptions

Si ces mots résonnent, c’est peut-être le bon moment.

Tellement hâte de commencer cette année à tes côtés.
Let's go, it's donna be CRAZY! 
Prends soin de toi. LOVE.


💌 Sophie 

Lire la suite